Pourquoi tant de contraintes pour les motoneigistes au Québec ?

On le sait bien, au Québec, des restrictions, on aime cela ! C’est particulièrement vrai dans le monde de la motoneige. Au fil des années, les motoneigistes québécois se sont vu imposer plusieurs limitations dans la pratique de leur sport.

Certaines restrictions font beaucoup de sens. Par exemple, en ce qui a trait à la cohabitation avec les résidents qui demeurent à proximité des sentiers. Je parle ici de limite de vitesse à 30 km/h et même 10 km/h, de l’interdiction de rouler la nuit à certains endroits ou d’avoir des échappements modifiés… Ces mesures ont pour objectifs de rendre « acceptable » et « tolérable » la présence de sentiers de motoneige en zone résidentielle par exemple.

Cependant, il y a certaines règles qui ont été mises en place et qui passent à côté des objectifs pour lesquels elles ont été créées. Voici les trois principales qui devraient, à mon avis, être revues et adaptées à la réalité d’aujourd’hui:

  1. L’âge minimum

Présentement, l’âge minimum pour conduire une motoneige est de 16 ans. Lorsqu’on regarde ce qui se fait ailleurs dans les autres provinces et même aux États-Unis, on s’aperçoit rapidement qu’on fait bande à part. En effet, l’âge minimum est de 14 ans à de nombreux endroits et même de 12 ans à d’autres.

Bien que je suis en faveur de faire passer cet âge minimum de 16 ans à 14 ans, ce que je propose est de le faire avec des restrictions au niveau de la cylindrée ou de la puissance ou d’un mélange des deux. L’idée ici est de développer la passion de la motoneige auprès de nos jeunes dès l’adolescence.

Les fabricants nous offrent aujourd’hui des modèles d’entrée de gamme qui ont été conçus pour initier la future génération ou les nouveaux adeptes au sport de la motoneige. Voici quelques exemples :

Kimpex Motoneige 2021 - 2022
  • Arctic Cat : Famille des motoneiges Blast (65 hp)
  • Polaris : Famille des motoneiges EVO et tous les modèles 550 (55 hp)
  • Ski-Doo : Famille des modèles Sport avec moteur 600 EFI (85 hp)
  • Yamaha : SX Venon, SX Venon Mountain et Transporter Lite (65 hp)

  1. Limite de vitesse maximale

Depuis de nombreuses années, la limite de vitesse maximale est fixée à 70km/h. Bien que dans la majorité des cas, cette limite est bien adaptée, il y a plusieurs endroits sur le réseau où elle pourrait être fixée à 90 km/h ou même à 100 km/h.

Je comprends que l’idée derrière ceci est de garder le bilan des décès ou des blessures le plus bas possible, mais soyons honnête, il y a des endroits où rouler à 80, 90 ou même 100 km/h est tout à fait sécuritaire. Par exemple, dans un secteur où le sentier est large, dans un endroit dégagé et en ligne droite ou avec des courbes graduelles, les machines d’aujourd’hui sont en mesure d’offrir une facilité de conduite incroyable.

Avant de commencer à me lancer des roches, soyons honnête qui ne l’a pas déjà fait ? Je suis d’accord qu’il y a des endroits où les limites actuelles sont adéquates et même quelquefois trop élevées. Dans un sentier boisé étroit et sinueux, une vitesse de 20 ou 30 km/h est beaucoup plus appropriée afin de pouvoir rester à droite.

Bien entendu, pour les bénévoles des clubs, ceci constituerait un énorme casse-tête au niveau de la signalisation. Par contre, la règlementation actuelle ne leur permet pas d’envisager une augmentation de la limite de vitesse au-delà de 70 km/h. Selon moi, ils devraient avoir plus de flexibilité de ce côté-là.

  1. Points d’inaptitude

Au cours des derniers mois, l’imposition prochaine des points d’inaptitude pour les motoneigistes alimentait les discussions entre adeptes. Pour l’instant, c’est encore un projet à l’étude et il ne sera assurément pas mis en œuvre avant la saison 2022-2023.

Il semble y avoir un désir du Ministre Bonardel d’ajouter cette dimension à la série de contraintes qu’on vit comme motoneigistes. La motivation derrière cela est noble, mais je crois que le Ministre ou ceux derrière ce projet ne connaissent pas la réalité de la pratique de la motoneige. D’abord, avec les règlements actuels, le bilan des blessures et des décès est en baisse depuis de nombreuses années. C’est grâce au travail de sensibilisation de la Fédération des Clubs de Motoneigistes du Québec, des clubs ainsi que des bénévoles. C’est aussi grâce à des campagnes de sensibilisation qui ont eu lieu au fil des ans. Ainsi, la formule actuelle fonctionne. Alors, pourquoi ciel la modifier ?

Je dirais que si vous désirez traiter les motoneigistes comme des automobilistes, alors, faites-le dans tous les aspects. Par exemple, adaptez les limites de vitesse à la réalité ! Pourquoi de nombreuses provinces et États n’ont pas de limites de vitesse et encore moins de points d’inaptitudes et qu’au Québec, on veut encore en ajouter une couche ?

Réalisez-vous qu’à 120 km/h dans le sentier droit qui s’étire à perte de vue, vous pourriez perdre votre permis pour grand excès de vitesse ? C’est pourtant cela qui nous pend au bout du nez les amis.

Quality Inn Mont-Joli - Motoneige

En terminant

Pour ceux qui m’ont lu jusqu’ici, je désire mentionner que j’adhère au principe de pratique sécuritaire de la motoneige. Cependant, je considère que la réglementation doit être adaptée à la réalité et favoriser l’essor et la pérennité de notre beau sport. Il y a un équilibre possible, mais je ne crois pas qu’on y est encore.

Bonne saison à tous !