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Écoaventure en motoneige à Anticosti : la mystérieuse Île Blanche

En tant que passionné de motoneige et d’hiver, j’éprouve une grande joie à l’idée que l’île d’Anticosti s’ouvre enfin au monde de la motoneige. C’est un territoire vierge à explorer en hiver. Anticosti, reconnue comme patrimoine mondial de l’UNESCO, était mystérieuse pour moi. Pour moi, Anticosti représentait des chevreuils, avec un peu de tourisme estival. Quelle découverte!

En route pour la mystérieuse Île Blanche.
Inukshuk en mémoire de Robert Malouin construit en 2005.

Le projet écoaventure en motoneige sur Anticosti

Le projet de faire découvrir ce monde est né dans la tête de Fernand Marcoux du Gîte COPACO.

Anticosti, c’est la mer.
Anticosti, c’est la forêt.

Il est copropriétaire avec Sylvain Jennis, qui est aussi un expert en fumage. Il veut faire connaître cette immense île sous un aspect nouveau. C’est une idée de folie, mais… ça ne prend qu’un autre comme lui pour trouver cette folie ingénieuse.

La mer qui se perd à l’horizon.

Après plus de deux ans d’efforts, les pions sont en place. Tous les ingrédients sont là pour démarrer un projet pilote. Il ne manque que l’étincelle. L’étincelle viendra en novembre 2024. L’agence de Voyages CoSte, cette même agence qui nous a organisé la Route blanche, reçoit une demande de touristes français pour visiter l’île en hiver.

Le projet s’amorce donc à l’hiver 2025 sans tambours ni trompettes. Après cette réussite, trois des Français reviennent en 2026 avec des amis. On passe donc de l’étape de projet à la réalisation permanente.

Yoland avec notre guide et hôte, Fernand Marcoux, du gîte COPACO.

Le voyage vers Anticosti

Mon compagnon de voyage, Yoland Bouchard et moi partons de Québec vers Port-Menier avec escale à Sept-Îles sur Air Liaison. Notre hôte, Fernand, fait la dernière partie du voyage avec nous. Arrivés à l’île, avant même d’arriver au Gîte COPACO, des chevreuils nous honorent de leur présence. Ils seront présents quotidiennement, et ce, à maintes reprises.

Nos pilotes, Yohan et Tahiry, qui nous déposeront tout en douceur malgré les bons vents.

Après une bonne nuit, nous avons savouré le déjeuner préparé par Doris. Originaire de l’île, elle est d’un dynamisme impressionnant. Elle porte l’île dans son cœur. Tout en déjeunant, je lève les yeux pour voir le chevreuil qui semble vouloir prendre mon repas. Seule la fenêtre nous sépare. Bel animal!

La randonnée hors-piste en motoneige

L’avion est le seul lien entre le continent et l’île en cette période de l’année. Donc, pas question de partir avec nos propres motoneiges. C’est avec les motoneiges de Nomad360, agence de location et partenaire important du projet, que nous voyageons sur l’île.

On se déplace sur l’île toujours avec un équipement minimum, incluant un bon lunch.

La journée débute bien avec de la neige immaculée et une poudreuse à faire envier bien des motoneigistes. Ces conditions favorisent la randonnée hors piste que je vais savourer pour les prochains jours. Cette aventure est accessible à tous, même au débutant. Mon expérience en motoneige me permet tout de même de mieux savourer le paysage qui se déroule sous mes yeux.

Parfois, il faut s’arrêter pour savourer de beaux moments.

Nous sommes accompagnés par nos deux guides certifiées Gilles Côté et Fernand Marcoux. C’est essentiel afin de visiter les endroits les plus importants de l’île. Je dois mentionner qu’il est facile de se perdre sur une telle immensité. L’île fait 222 km de longueur et atteint près de 50 km en largeur à certains endroits.

Yoland, avec notre guide-interprète Gilles Côté, un passionné de son île.

Une fois sur place, je réalise réellement la dimension de cet habitat du chevreuil. Notre guide Gilles nous a même raconté une aventure où il s’est perdu en forêt. Comme quoi même les meilleurs sont assujettis au pire.

L’ouest d’Anticosti, cette fameuse Île Blanche

On se dirige à l’anse aux fraises où nous abordons la mer. L’immensité de la vue avec les falaises et la glace m’éblouit. La saison n’étant qu’à ses balbutiements ; les falaises de glace prendront de l’expansion au fur et à mesure que la saison évolue. Nous nous dirigeons donc vers le cap de la Vache-qui-pisse. Eh oui! C’est son vrai nom. Je laisse votre imagination deviner l’origine de cet endroit.

La glace débute sa saison et prendra de l’expansion dans les prochaines semaines.

Une visite rapide au phare, tout en passant par le « Calou » échoué en 1982. En longeant la mer où les vents ont formé des lames de neige, mon expérience de motoneigiste m’est bien utile.

Épave du Calou, échoué en 1982. Nous suivons le bord de mer où les premiers Anticostiens s’établirent. Notre guide Gilles nous explique le travail fait sur la maison du douanier qui a été rénovée. Un fourneau à chaux et un cimetière montrent l’emplacement des vestiges.

La maison du douanier, dernier témoin du village de Baie–Sainte-claire.

En traversant la baie Sainte-Claire, nous arrivons à la chute Boulay. Une suite de cascades qui deviendra de plus en plus glacée avec le temps froid. Retour au village où le seul orme a été planté à la fin des années 1800 près de l’ancien site du château Menier.

La chute Boulay, une suite de cascades.

Préparation pour une longue randonnée

Nous faisons le plein d’essence pour une complète autonomie le lendemain. Nos objectifs : la chute Vauréal et la rivière Jupiter.

On fait le plein d’essence pour une longue randonnée.

Le territoire étant immense, on se doit d’être en complète autonomie. Le transport d’essence et de nourriture est essentiel. On réussira à tout mettre sur nos motoneiges, ce qui permet d’éviter d’avoir un traîneau.

La rivière Jupiter

Ayant prévu partir deux jours, nous changeons nos plans à la dernière minute. Nous tenterons de tout faire en une seule longue et grande journée. On reviendra après le coucher du soleil. Utilisant la route anticostienne qui traverse le centre de l’île, nous allons à la rivière Jupiter. Petit arrêt pour voir un avion qui s’est écrasé dans les années 60. Tout a été nettoyé, il ne reste que la carcasse.

Un moment paisible pour Yoland sur la route anticostienne.

On reprend le chemin où toutes les conditions météorologiques se succèdent en quelques heures. Nous laissons le centre de l’île pour descendre à la côte. Les paysages sont magnifiques. Les conditions de neige sont excellentes.

Nous sommes les premiers à nous rendre à la rivière Jupiter. C’est la rivière la plus longue et la plus importante de l’île. Bordés de falaises, nous nous arrêtons à Jupiter-12 pour le lunch préparé par notre chère Doris. Elle nous met des petites douceurs. Merci Doris!

Nous dînons ensuite au bord de la rivière. Trois chevreuils tentent de gravir la falaise, sans succès. Nous suivons leurs péripéties pendant le repas.

Trois chevreuils tentent de gravir la falaise, les voyez-vous?

Direction : la mer

Nous repartons vers Jupiter-la-Mer. La rivière et les falaises se succèdent. Chanceux, nous réussissons à passer à côté des arbres qui coupent « presque » le chemin. Cela nous évite de faire trop d’efforts, ah, ah!

On l’a échappé belle pour celui-là!

La mer apporte des glaces sur les rives de l’embouchure de la rivière. Je prends le temps de savourer le bruit des vagues. On est bien. C’est émouvant de voir la beauté qui nous entoure.

Embouchure de la rivière à Jupiter-la-Mer sur la côte sud de l’île.

Le temps s’écoule plus vite que prévu, et la nuit tombe tôt à la mi-janvier. On doit changer nos plans. Je n’aurai pas la chance de voir la chute Vauréal. La sécurité avant tout. Je suis tout de même ravi des paysages rencontrés.

La fameuse Chute Vauréal. (Crédit photo : Gilles Côté)

De retour au gîte, nous aurons un excellent repas bien mérité. Notre hôte possède un fumoir, le fumoir Musquaro. Saumons, truites, crevettes, etc., sont fumés sur place. Vous devinez que je me suis délecté. La soirée se poursuit avec le partage des émotions de la journée.

Les exclos

Comment bien harmoniser la population de cerfs avec le milieu naturel de l’île? Depuis le début des années 2000, des exclos ont été créés. Contrairement aux enclos qui maintiennent les animaux sur un territoire donné, l’objectif des exclos est d’exclure les cervidés d’une zone délimitée. Cet exclos permettra à la végétation de reprendre sa place durant une quinzaine d’années.

La nature sauvage de l’île d’Anticosti.

Nous visitons d’anciens exclos où la végétation est différente des autres endroits sur l’île. C’est aussi une occasion de circuler dans des petits chemins où les arbres nous englobent.

Bien que nous soyons encore tôt en saison, il y a beaucoup de neige.

Comme nous sommes souvent les premiers de la saison à y circuler, des surprises nous attendent. Nous avons besoin de couper quelques arbres que le vent a balayés sur notre passage. Notre guide Gilles avait tout prévu. Un passage est rapidement fait.

Gilles est toujours prêt à ouvrir le chemin.
Enfin, le passage est suffisant pour poursuivre notre chemin.

Petite sortie de groupe

Dernière journée, notre avion est seulement à 15 h 30. Pas question de se tourner les pouces. Notre guide nous explique que des mesures de neige sont prises aux deux semaines pour mesurer l’épaisseur de neige molle ainsi que la « croûte ». Un bâton de métal avec un poids imiterait la patte du chevreuil. Météorologue à la retraite, je suis intrigué ayant moi-même pris des mesures de neige et de glace.

Nous partirons le matin voir le travail fait par notre guide Gilles Côté et son compagnon Raymond Lemelin. Je ne suis pas le seul intéressé. Deux travailleurs ayant terminé leur travail la veille, ils décident de louer une motoneige pour nous accompagner. Patrick et Réjean sont aussi deux motoneigistes d’expérience. Un rêve inespéré pour eux.

Yoland et Patrick dans un paysage féérique.
Réjean, dans un moment de contemplation.

Et comme tout le monde est sympathique, Michel Charlebois, un ami de notre guide Gilles, décide de nous accompagner. Finalement, ce dernier matin, c’est une randonnée où on a l’impression de se promener avec de vieux amis.

De gauche à droite : Gilles Côté, guide ; Raymond Lemelin, mesureur officiel de la neige ; Denis Langevin (votre chroniqueur) ; Réjean Dubreuil ; Yoland Bouchard, mon compagnon de voyage ; et Patrick Blais. Michel Charlebois n’apparaît pas sur la photo, car il faut bien un photographe!

L’avenir hivernal sur Anticosti, l’Île Blanche

Nous sommes au départ d’une belle aventure hivernale. Cette île mystérieuse s’est ouverte à nous sous un nouvel aspect. La luminosité des couleurs, le silence que seul le vent viendra parfois nous titiller avec sérénité, la nature plus grande que nous, une expérience exceptionnelle.

Les paysages vierges de l’Île Blanche.

Un rêve inaccessible il y a peu de temps, mais maintenant réalisable. Un passionné de son île, Fernand Marcoux de COPACO, nous révèle les beautés cachées de cet endroit.

Des points de vue magnifiques sur la mer.

Le développement du tourisme hivernal est donc maintenant possible avec la participation de partenaires. Cet apport économique durant la période hors saison n’est pas négligeable pour la communauté. Ainsi, en collaboration avec SÉPAQ Anticosti, il est possible d’accéder au parc national d’Anticosti et d’y dormir. Une belle occasion d’explorer la chute Vauréal et la rivière Jupiter, deux bijoux d’Anticosti.

Yoland, qui prend le temps de s’imprégner de la beauté de la mer.

Nous aurions eu besoin de quelques jours de plus pour explorer toutes les splendeurs d’Anticosti. C’est avec beaucoup de plaisir et de joie que nous terminons cette aventure.

Comment ne pas craquer?
La maison du gardien.

Si vous voulez vivre quelque chose de différent, vivez l’écoaventure à Anticosti, la mystérieuse Île Blanche.

De gauche à droite : Doris Blainey, gérante et cuisinière ; Gilles Côté, guide-interprète certifié ; et Fernand Marcoux, copropriétaire et guide certifié.

Remerciements spéciaux

Merci, Fernand Marcoux, copropriétaire et directeur du Gîte COPAC, pour ton accueil amical!

Merci, Gilles Côté, notre guide-interprète certifié et grand passionné par son île!

Merci, Doris Blainey, gérante et cuisinière, pour ses déjeuners copieux et sa joie matinale!

Merci, Alberte Marcoux, directrice générale de Voyages CoSte, pour sa passion et son professionnalisme!

La journée tire à sa fin.

Nos partenaires

  • Voyages CoSte
  • Gîte COPACO
  • Atelier Laforge-Location Nomad360
  • Air Liaison
  • Fumoir Musquaro
  • SEPAQ Anticosti

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