Ils n’ont pas encore 20 ans, mais ils nourrissent de grandes ambitions: entre autres celle de battre les meilleurs dans la catégorie reine du Circuit Pro Tour.

Sabrina Blanchet et Steven Marquis ont été initiés dès leur jeune âge aux compétitions de motoneige. Après avoir fait leurs classes dans les catégories inférieures, ils se mesurent maintenant aux grands ténors de la spécialité.

À l’aube de ses 19 ans, qu’elle célébrera dans quelques jours, Blanchet a été d’abord initiée par son grand-père, Gaston Ferland, un pionnier de la compétition au Québec qui a pris sa retraite l’an dernier à l’âge vénérable de 70 ans.

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«Je le suivais partout, a expliqué la jeune pilote de Québec. Puis, à sept ans, j’ai commencé à faire de la motoneige et à goûter à la compétition. J’ai eu le privilège de rencontrer George Samson [propriétaire d’écurie], avec qui je suis associée depuis 11 ans.

«Il m’a donné ma première chance dans la grosse catégorie et il croit en mes moyens.»

Une troisième saison

Blanchet entreprend sa troisième saison dans la catégorie Pro Champ.

«Affronter les meilleurs, c’est un gros défi que j’ai appris à relever au fil des ans», dit-elle. Que ce soit Jacques Villeneuve ou n’importe quel autre, je n’ai aucun complexe.»

Comme tout pilote de motoneige, Blanchet a des ambitions de remporter un jour le prestigieux Grand Prix de Valcourt, où, l’an dernier, elle a été victime d’un terrible accident aux essais libres.

À la suite d’un bris mécanique, elle a perdu le contrôle de sa motoneige à haute vitesse.

Le choc a été brutal et les blessures sérieuses: fractures au bassin, au tibia et à la cheville gauche. Sa saison a pris fin abruptement.

Rapides et dangereux

Les bolides de compétition de la classe Pro Champ sont considérés comme la F1 de la motoneige. Sur des tracés aussi rapides que Valcourt, ils peuvent atteindre la vitesse de 180 km/h.

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«Quand j’ai enfin repris ma motoneige, il y a quelques semaines, a indiqué Banchet, j’ai pensé à mon accident, mais quelques tours de piste ont suffi pour tout oublier, relate-t-elle. L’important, c’est d’entreprendre la saison du bon pied.»

Ce qu’elle a fait à Eagle River, au Wisconsin il y a quelques semaines.

Si elle a été incapable de se qualifier pour la grande finale des Championnats du monde où seulement 15 des quelque 40 engagés ont été autorisés à prendre le départ, Blanchet s’est imposée dans la catégorie «Semi Pro Champ» dont la finale avait été disputée un peu plus tôt.

Une mère inquiète

«Chaque fois qu’elle prend la piste, j’ai très peur, reconnaît sa mère, Martine Ferland, qui veille à son bien-être. C’est ce qu’elle veut faire, je ne peux l’en empêcher.»

Malgré son petit gabarit, Blanchet ne s’en laisse pas imposer.

«Il faut beaucoup de force pour faire de la motoneige à ce niveau, dit la maman. Sabrina s’impose des sacrifices pour se garder en forme. Elle n’a d’autre choix que de s’entraîner régulièrement.»

Martine Ferland s’y connaît en sports motorisés. Non seulement par son père Gaston, mais aussi par son conjoint, Réjean Blanchette, qui, lui, s’est bâti une solide réputation en participant à des courses d’hydroplanes pendant une quinzaine d’années.

« Je me sens prêt à faire le grand saut » – Steven Marquis

CORNWALL | Steven Marquis est l’une des vedettes montantes du Québec en compétitions de motoneige.

À 17 ans, il brûle les étapes. Tellement qu’il tentera sa chance cette année dans la catégorie Pro Champ, face aux grosses pointures de la série.

«Je suis conscient que je vais affronter des pilotes plus expérimentés que moi, mais je me sens prêt à faire le grand saut», explique-t-il.

Si on le verra dans la discipline-reine du Circuit Pro Tour prochainement, il participera à quelques épreuves en série Semi Pro pour se familiariser avec son bolide très puissant.

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«Si ça se passe bien, comme je le pense, je veux tenter ma chance dans la grande classe au Grand Prix de Valcourt et… peut-être avant.»

«Valcourt, c’est dans ma cour», dit-il avec raison.

Il vit à Cookshire, en Estrie, à une soixantaine de kilomètres de la capitale de la motoneige.

«J’ai attrapé la piqûre en accompagnant mon père lorsque j’étais très jeune.»

Jean-Guy Marquis est une figure connue en motoneige où il a couru pendant de nombreuses années.

Avec son épouse, Nancy Therrien, il accompagne son fils partout sur les circuits et prend son rôle de mécanicien au sérieux.

Villeneuve forfait

C’est au complexe de sports motorisés de Cornwall, en Ontario, qu’est donné, ce week-end, le coup d’envoi de la nouvelle saison de motoneige.

Pour l’instant, cinq pilotes, dont quatre Québécois, sont inscrits à l’épreuve finale.

Outre Sabrina Blanchet, Patrick Tétreault, Jason Lavallée, Jacques Villeneuve et l’Ontarien Curtis Weatherdon en ont profité pour apprivoiser le circuit, hier en après-midi, en prévision des deux grandes finales de la fin de semaine, aujourd’hui et demain.

Villeneuve, le vétéran, a choisi de ne pas participer à une course hors championnat disputée tard hier soir.

«Je ne veux pas jouer avec le feu. C’est trop dangereux de courir quand l’éclairage n’est pas adéquat, a-t-il déclaré. Ça prend une bonne visibilité pour courir en motoneige, surtout en soirée. Alors ce n’était pas le cas ici. C’est frustrant, car ma machine semblait très performante.»

Villeneuve a toutefois promis qu’il sera de la partie aujourd’hui et demain.

«Ne vous inquiétez pas. J’ai hâte de renouer avec la compétition et je ne suis pas venu ici en touriste», a-t-il conclu.

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