Après une saison entière à guider des groupes en motoneige dans les montagnes du Montana, Joe Erickson nous livre ses impressions sur l’un des ensembles CKX les plus complets qu’il ait mis à l’essai.
Quand ton équipement devient une seconde peau
J’ai parfois l’impression de vivre dans mon équipement tout l’hiver.
Les clients me demandent souvent si je m’entraîne pour garder la forme et réussir à guider des excursions en motoneige tous les jours.
Je leur réponds en riant que mon entraînement commence chaque matin lorsque j’enfile mon équipement… et qu’il se termine le soir quand je réussis enfin à l’enlever.
Si vous avez déjà tenté d’enfiler une combinaison complète avant le lever du soleil, vous savez exactement de quoi je parle.
À force de le faire chaque jour, je pourrais presque m’habiller les yeux fermés. Disons simplement qu’il m’est déjà arrivé de me lever un peu trop tard et que cette habitude m’a sauvé plus d’une fois.
Lorsqu’on passe des centaines d’heures par hiver à rouler, dégager des motoneiges prises dans la neige, aider des clients, marcher en montagne et prendre des photos, on devient particulièrement exigeant envers son équipement.
Je me pose toujours la même question lorsque j’essaie un nouveau produit :
Est-ce que la personne qui a conçu ça l’a vraiment testé dans des conditions réelles?
Parce qu’au bout du compte, le marketing disparaît rapidement une fois rendu dans la neige.
La fonctionnalité, elle, reste.
Cette saison, CKX m’a permis de mettre à l’épreuve un ensemble complet composé de la combinaison monopièce Elevation, du casque Titan AMS accompagné des lunettes APEX, des gants Xvelt et des bottes Colchester à lacets.
Je ne les ai pas utilisés pendant une fin de semaine d’essai. Je les ai portés pratiquement tous les jours pendant plusieurs mois de guidage dans les montagnes du Montana, sous toutes les conditions imaginables.

CKX Elevation : une combinaison qui continue de s’améliorer
Si vous avez lu mon premier essai de la combinaison Elevation il y a quelques années, vous savez déjà que j’avais beaucoup apprécié ce produit.
Je possède encore cette première génération et il m’arrive toujours de la porter.
Lorsque CKX m’a envoyé la nouvelle version, je m’attendais donc à quelques retouches cosmétiques, rien de plus.
Je me trompais complètement.
Au lieu de repartir de zéro, les ingénieurs ont choisi d’améliorer tous ces petits détails qu’on remarque seulement après avoir passé des centaines d’heures sur la motoneige.
Et c’est exactement ce qui fait la différence.
La première amélioration saute rapidement aux yeux : les espaces de rangement.
J’ai essayé des vêtements où l’on a presque l’impression que le concepteur a oublié qu’un motoneigiste transporte toujours quelque chose avec lui.
Ce n’est certainement pas le cas ici.
Les six poches sont grandes, faciles d’accès et surtout parfaitement positionnées.
Ma préférée est sans contredit la nouvelle poche poitrine avec sa fermeture éclair orange. CKX y a intégré un cordon de sécurité auquel j’ai immédiatement fixé mon détecteur de victimes d’avalanche. Même avec mon sac avalanche sur le dos, je pouvais y accéder rapidement sans que rien ne devienne inconfortable.
Ce sont ces petites attentions qui me donnent l’impression que ceux qui ont conçu cette combinaison pratiquent réellement la motoneige.
Le baume à lèvres a trouvé sa place dans la poche de manche, juste à côté d’un chiffon pour les lunettes… et de quelques bonbons. Après tout, il faut savoir établir ses priorités!
J’ai également beaucoup apprécié la nouvelle orientation des poches pour les mains. Elles sont maintenant plus verticales, ce qui réduit considérablement les risques de perdre un objet lorsqu’on oublie de refermer complètement une fermeture éclair.
Encore une fois, un petit détail qui fait une grande différence.
Pensée pour bouger
L’Elevation demeure une combinaison légèrement isolée avec 60 grammes d’isolant Vivo, un choix qui me semble très bien équilibré.
Avec une bonne couche de base, elle est parfaitement adaptée à une conduite sportive en hors-piste tout en demeurant très confortable lors des longues journées en sentier.
La ventilation mérite également d’être soulignée.
Les six ouvertures, dont les nouvelles aérations aux bras, évacuent rapidement la chaleur lorsque l’effort devient plus intense.
Je me suis surpris à avoir trop chaud à quelques reprises.
Il suffisait alors d’ouvrir tous les évents pour retrouver rapidement un bon niveau de confort.
J’ai aussi remarqué que les évents de poitrine ont été légèrement repositionnés afin d’être plus faciles à manipuler en roulant.
Ce genre d’amélioration peut sembler anodine.
Pour moi, c’est exactement ce qui distingue un bon produit d’un excellent produit.
J’aimerais sincèrement rencontrer les personnes qui conçoivent ces combinaisons un jour.
Je leur serrerais simplement la main en leur disant merci.

CKX Titan AMS : un casque que j’avais vraiment hâte d’essayer
Je vais vous faire une confidence.
On me dit souvent que je possède beaucoup trop de casques.
Ils ont probablement raison.
Mais personne ne dira jamais à un oiseau qu’il possède trop de ciel pour voler… alors qu’on m’apporte un autre casque!
Depuis quelques années, je roule avec le CKX Titan Air Flow accompagné des lunettes 210. Honnêtement, c’est encore aujourd’hui l’un de mes casques préférés lorsque les températures sont plus douces. Ironiquement, le Montana a connu l’un des hivers les plus chauds de son histoire cette année, alors je l’ai utilisé plus souvent que prévu.
Lorsque CKX a dévoilé le Titan AMS (Air Management System), j’étais impatient de découvrir les nouveautés.
L’une des caractéristiques qui m’a toujours séduit sur le Titan est sa muselière relevable.
Pour un guide, c’est un véritable changement de philosophie.
Je passe constamment de la conduite aux explications avec les clients. Pouvoir relever rapidement la muselière pour parler sans retirer complètement le casque est devenu un automatisme. C’est tout aussi pratique lorsqu’on vient de passer dix minutes à sortir une motoneige enlignée dans une pente et qu’on cherche simplement à reprendre son souffle.
Je me suis même rendu compte que je buvais beaucoup plus d’eau pendant la journée simplement parce qu’il était devenu facile de le faire.
Parfois, ce sont les plus petits détails qui changent complètement l’expérience.
Avec cette nouvelle génération, CKX ne s’est pas contenté de moderniser le casque. Les ingénieurs ont revu plusieurs éléments importants, notamment un champ de vision plus grand, les nouvelles lunettes APEX, le système AMS ainsi qu’une nouvelle conception de la muselière qui permet maintenant de l’ouvrir sans retirer les lunettes.
Sur papier, tout semblait indiquer qu’il s’agissait de l’évolution logique d’un casque déjà très apprécié.
Il ne restait plus qu’à voir comment il se comporterait dans de vraies conditions hivernales.

Sur le terrain, le Titan AMS démontre tout son potentiel
Dès les premières sorties, une chose saute aux yeux : le Titan AMS est beaucoup plus qu’une simple mise à jour esthétique.
Le nouveau champ de vision est immédiatement perceptible. Avec les lunettes APEX, on profite d’une visibilité beaucoup plus ouverte que sur la génération précédente. Que ce soit pour zigzaguer entre les arbres ou analyser une pente avant de s’y engager, cette ouverture supplémentaire apporte un réel avantage.
Le système Air Management System m’a également impressionné.
Contrairement à certains casques qui se contentent d’ajouter des ouvertures de ventilation, le Titan AMS donne réellement l’impression que l’air circule de façon contrôlée à l’intérieur du casque.
Ajoutez à cela le rideau de cou, le protège-visage et le protège-nez amovibles, et vous obtenez un casque capable de s’adapter très rapidement aux conditions.
Le matin, lorsqu’il fait froid et que le vent souffle dans les sentiers, j’installe tous les accessoires afin de maximiser la protection.
Quelques heures plus tard, lorsque le soleil réchauffe la montagne et que les efforts deviennent plus soutenus, il suffit de retirer ces éléments en quelques instants pour retrouver davantage de ventilation.
Cette polyvalence est rapidement devenue l’un des aspects que j’ai le plus appréciés.
Les lunettes APEX : la belle surprise de la saison
Je dois toutefois admettre une chose.
La plus grande surprise de cet essai n’a peut-être pas été le casque.
Ce sont les lunettes CKX APEX.
J’ai accumulé suffisamment de lunettes au fil des années pour remplir une tablette complète dans mon garage. Il devient donc difficile de m’impressionner.
Les APEX y sont pourtant parvenues.
Le système de changement de lentille magnétique est remarquablement bien conçu. Au lieu de transporter plusieurs paires de lunettes, je peux simplement glisser une lentille supplémentaire dans mon sac. Le remplacement s’effectue en quelques secondes, même avec des gants, et il devient beaucoup plus simple d’essuyer ou de sécher une lentille pendant la journée.
L’intégration avec le Titan AMS est tout aussi réussie.
Aucun point de pression.
Aucun espace étrange entre les lunettes et le casque.
Tout s’ajuste naturellement.
J’ai aussi beaucoup apprécié le système d’attaches rapides de la courroie. Ceux qui ont déjà échappé leurs lunettes dans la neige en essayant de les retirer comprendront immédiatement pourquoi.
Après une saison complète, les APEX figurent sans hésitation parmi les meilleures lunettes que j’ai utilisées.

Une excellente idée… qui demande encore quelques ajustements
La nouvelle muselière constitue probablement l’innovation la plus importante du Titan AMS.
Sur l’ancien Titan, il fallait retirer les lunettes avant de pouvoir ouvrir complètement la muselière.
Ce n’est plus le cas.
Grâce à un déflecteur nasal indépendant, il est maintenant possible d’ouvrir uniquement la muselière tout en laissant les lunettes parfaitement en place.
Sur le plan de la conception, c’est exactement ce que plusieurs motoneigistes demandaient.
Lorsqu’il neige abondamment, on ne veut surtout pas briser l’étanchéité des lunettes et laisser entrer la neige.
Même chose lorsqu’un soleil éclatant oblige à conserver une lentille teintée.
Pouvoir parler, boire ou reprendre son souffle sans retirer les lunettes représente donc une excellente amélioration.
Malheureusement, l’hiver réel est parfois moins indulgent que les dessins d’ingénierie.
Lorsque le casque était sec, tout fonctionnait exactement comme prévu.
Par contre, après plusieurs heures à respirer dans le casque ou lorsque de la neige fondait puis regelait autour des charnières, la muselière devenait parfois difficile à ouvrir ou à refermer. À quelques reprises, j’ai dû enlever manuellement une accumulation de glace afin de retrouver un fonctionnement normal.
Au départ, je croyais qu’il s’agissait peut-être d’une erreur de ma part.
J’ai donc communiqué avec CKX.
L’entreprise m’a confirmé être au courant de cette situation et m’a recommandé d’utiliser la grille de ventilation plus ouverte afin de réduire l’accumulation d’humidité.
J’ai suivi cette recommandation.
Dans mon cas, cela n’a toutefois pas complètement réglé le problème.
Par curiosité, j’en ai discuté avec plusieurs autres guides qui utilisent eux aussi le Titan AMS.
Tous avaient observé un comportement similaire.
J’ai également remarqué que les nouveaux crochets de verrouillage en plastique m’inspirent un peu moins confiance que les anciens crochets métalliques du Titan Air Flow, surtout après plusieurs épisodes de gel.
Cela dit, je ne considère pas que le Titan AMS soit un mauvais casque.
Bien au contraire.
Je crois surtout qu’il s’agit d’un excellent concept qui mérite encore quelques ajustements.
L’innovation passe rarement par un produit parfait dès la première version.
Et s’il y a bien une entreprise qui a démontré sa capacité à faire évoluer ses produits en tenant compte des commentaires des utilisateurs, c’est CKX.
Gants Xvelt : mes nouveaux favoris pour le hors-piste
S’il y a un produit qui m’a véritablement surpris cette saison, ce sont les gants Xvelt.
Et je ne lance pas ce genre de compliment à la légère.
Depuis des années, je privilégie les gants peu isolés lorsque je roule en terrain technique. J’aime sentir le guidon et conserver un maximum de précision dans mes mouvements.
Par contre, il y a toujours une chose qui m’a dérangé avec plusieurs gants destinés au hors-piste.
Pourquoi sont-ils si courts?
On porte des guêtres pour empêcher la neige d’entrer dans nos bottes.
Les manteaux et les combinaisons possèdent des cols élevés pour empêcher la neige de pénétrer par le cou.
Alors pourquoi fabriquer des gants qui se glissent à l’intérieur des manches?
Je ne comprendrai probablement jamais cette logique.
Les Xvelt corrigent exactement ce problème.
Leur manchette est suffisamment longue pour recouvrir la manche de mon manteau et empêcher la neige de s’infiltrer lorsqu’on passe la journée dans une poudreuse profonde.
C’est un détail qui fait toute la différence lorsqu’on guide quotidiennement.
La paume de cuir demande quelques sorties avant d’être complètement assouplie, mais une fois cette période de rodage terminée, ces gants deviennent extrêmement confortables.
Après plusieurs mois passés à manipuler des motoneiges, tirer sur des skis, pelleter de la neige, dégager des chenilles et frotter constamment contre les arbres, ils affichent encore très peu de signes d’usure.
Ils sont suffisamment minces pour conserver une excellente sensibilité au guidon, tout en offrant juste assez d’isolation pour garder les mains confortables.
C’est exactement ce que je recherche dans un gant de hors-piste.
Honnêtement?
Ils sont devenus mes nouveaux favoris.

Bottes Colchester : simples, robustes et efficaces
S’il y a une pièce d’équipement que tous les motoneigistes remplacent régulièrement, ce sont probablement les bottes.
J’en ai usé plus que je suis capable d’en compter: Des semelles complètement arrachées, des systèmes BOA qui rendent l’âme, des câbles qui usent la languette jusqu’à laisser entrer l’eau. J’ai vu à peu près tout.
Je dois avouer que je n’avais jamais porté de bottes CKX destinées à une conduite aussi sportive avant d’essayer les Colchester à lacets.
Dès que je les ai enfilées, une chose m’a frappé.
Elles sont beaucoup plus compactes que je l’imaginais. Elles procurent un excellent soutien à la cheville tout en demeurant étonnamment légères.
Sur les marchepieds, elles donnent presque l’impression de porter une botte de randonnée très robuste plutôt qu’une grosse botte de motoneige.
Cette sensation permet de bouger rapidement d’un côté à l’autre de la machine et d’effectuer des mouvements précis lorsque le terrain devient plus exigeant.
J’apprécie également le choix des lacets traditionnels.
Je n’ai absolument rien contre les systèmes BOA.
Ils fonctionnent très bien.
Mais si je brise un lacet au milieu des montagnes, je peux facilement le remplacer.
Un câble de BOA, c’est une autre histoire.
Les renforts situés sur la languette et aux endroits où la botte plie naturellement lors de la marche laissent croire que CKX a pensé à la durabilité dès la conception.
Même pendant l’un des hivers les plus doux et les plus humides que nous ayons connus au Montana, mes pieds sont demeurés parfaitement au sec.
Lorsque vous passez pratiquement tous vos hivers debout dans la neige, c’est probablement le plus beau compliment que vous puissiez faire à une paire de bottes.

Verdict après une saison complète
Le métier de guide vous apprend rapidement une chose.
Le marketing disparaît dès que les premières tempêtes arrivent.
Le bon équipement, lui, reste.
Après une saison complète passée à porter cet ensemble CKX presque tous les jours, je peux dire sans hésitation que je repars avec une impression très positive.
La combinaison Elevation continue d’évoluer dans la bonne direction. Les nombreuses améliorations apportées cette année rendent un produit déjà très performant encore plus agréable à utiliser au quotidien.
Les gants Xvelt sont devenus mes gants de prédilection pour le hors-piste. Leur confort, leur dextérité et leur conception répondent exactement à ce que je recherche lorsque je roule en montagne.
Les bottes Colchester m’ont également convaincu. Elles offrent un excellent compromis entre soutien, légèreté et durabilité. Après une saison complète d’utilisation intensive, elles ont largement répondu à mes attentes.
Quant au Titan AMS, je demeure persuadé qu’il représente l’un des concepts de casque les plus innovants actuellement sur le marché.
Sa ventilation est remarquable.
Son confort est exceptionnel.
Le champ de vision offert par les nouvelles lunettes APEX est probablement l’un des meilleurs que j’ai connus jusqu’à maintenant.
Et la possibilité de communiquer rapidement grâce à la muselière relevable demeure un énorme avantage pour tous ceux qui passent leurs journées sur la neige.
Je crois toutefois que le nouveau système de muselière mérite encore quelques ajustements afin d’offrir le même niveau de fiabilité dans toutes les conditions hivernales.
La bonne nouvelle, c’est que CKX a toujours démontré sa volonté d’écouter les commentaires des utilisateurs afin de faire évoluer ses produits.
L’histoire du Titan en est probablement le meilleur exemple.
Thomas Edison disait :
« Je n’ai pas échoué. J’ai simplement découvert des milliers de façons qui ne fonctionnent pas. »
L’innovation est rarement parfaite du premier coup.
Elle évolue.
Et si le Titan AMS suit la même trajectoire que le Titan original, je suis convaincu qu’il deviendra l’une des références de l’industrie au cours des prochaines années.
Verdict
⭐⭐⭐⭐☆ 4,5 / 5
J’ai aimé
- Une combinaison Elevation encore mieux pensée qu’auparavant.
- Une excellente qualité de fabrication sur l’ensemble des produits.
- Les lunettes CKX APEX, tout simplement remarquables.
- Les gants Xvelt, devenus mes préférés pour le hors-piste.
- Les bottes Colchester, confortables, légères et très robustes.
- Un casque Titan AMS offrant une ventilation, un confort et un champ de vision de haut niveau.
Points à améliorer
- La muselière adaptative peut geler dans certaines conditions humides près du point de congélation.
- Les nouveaux crochets de verrouillage en plastique inspirent un peu moins confiance que les anciens modèles métalliques.
- La visière fixe gagnerait à être ajustable afin de mieux protéger contre les branches et le soleil bas.

