Le 14 mars dernier, à Saint-Honoré, il s’est passé quelque chose qu’on ne voit pas souvent dans le monde de la motoneige. On pense avoir tout vu : des courses serrées, des machines extrêmes, des événements bien huilés. Ou on croit connaître la recette. Puis, arrive une première édition… et tout vole en éclats.
Le 14 mars dernier, à Saint-Honoré, le Festidrag n’a pas simplement fait son entrée dans le paysage ; il l’a frappé de plein fouet.
Trop de machines.
Trop de monde.
Trop d’intensité.
Et derrière tout ça… une cause qui donne un sens complètement différent à chaque départ.
Du drag pur, sans compromis

Sur le site du Festicam, habituellement réservé aux camions en été, la motoneige a pris toute la place.
Trois couloirs.
500 pieds de piste.
Un départ franc qui exige du contrôle dès la première seconde.
Ici, il n’y a pas de stratégie compliquée. Tu ouvres au fond, tu tiens ta ligne et, en quelques secondes, tout est joué. Mais, quelles secondes incroyables!
On a droit à des départs violents, des skis dans les airs, des machines turbo qui hurlent et des courses serrées où tout se joue à quelques pouces près. Bref, du vrai drag. Brut. Intense.
Des classes stock jusqu’aux catégories les plus agressives, il y avait du calibre sur la ligne. Et, croyez-moi, ça paraissait.
Une première édition… hors norme

Les organisateurs du Festidrag de Saint-Honoré s’attendaient à environ 100 coureurs. En fin de compte, 216 personnes se sont inscrites à cette première édition.
Puis, ils espéraient entre 1 000 et 1 200 visiteurs pour finalement en accueillir près de 4 000! Cette réponse a dépassé complètement toutes leurs attentes.
Et c’est exactement là que l’événement a changé de dimension.
Victime de son succès

C’est bien le cas de le dire, le Festidrag fut victime de son succès! Avec autant de coureurs dans autant de classes et une foule aussi importante, le rythme de la journée a rapidement été mis sous pression.
Les courses s’enchaînaient sans arrêt, le timing s’étirait, la journée débordait… et, tranquillement, on s’est retrouvé tard en soirée.
Une piste sous pression… et des décisions importantes
Mais, pendant que le spectacle continuait, la piste, elle, continuait d’encaisser. De plus, il faut le dire, la météo des jours précédents n’avait rien aidé : des températures au-dessus de zéro, des fortes précipitations et de la neige fragilisée.
Malgré le travail des organisateurs, avec plus de 200 passages, la surface s’est détériorée plus rapidement que prévu. À un certain point, il a fallu trancher. Ainsi, pour des raisons de sécurité, certaines grosses classes ont été interrompues.
C’était une décision difficile à prendre, mais c’était la décision responsable. En effet, en drag de motoneige, quand la piste ne suit plus, les risques augmentent rapidement.
Une organisation qui a tenu le cap
Cela dit, malgré les imprévus, malgré la pression, l’équipe a tenu le coup. Sous la direction de Steve Coté, et avec l’implication directe d’Audrey Girard, l’événement a continué d’avancer : mises au point, décisions rapides, gestion du terrain…
Rien n’a été parfait, mais tout a été fait dans le bon sens. À mon avis, pour une première édition, c’est du solide!
Derrière les machines… une histoire bien réelle
Mais au-delà du bruit et de la performance, il y avait une histoire. Celle d’Audrey Girard. À 29 ans, Audrey apprenait qu’elle était atteinte d’un cancer du sein. À l’époque, elle avait un bébé de cinq mois et une fille de trois ans. Puis, les traitements ont commencé : chimiothérapie, radiothérapie, curiethérapie.
En 2014, elle avait maintenant des métastases osseuses. Après plusieurs années plus stables, la maladie progresse de nouveau depuis 2020.
En arrêt de travail depuis décembre 2025, elle décide de s’impliquer dans le projet avec Steve Coté. Mais elle ne restera pas en retrait. Elle prend le rôle de secrétaire-trésorière et contribue à bâtir l’événement.
Et le 14 mars? Elle était aussi sur la ligne de départ dans une course féminine. Pour elle, il ne s’agit pas d’un geste symbolique ; elle veut courir!
Une cause au cœur de chaque départ
Dès le départ, l’objectif du Festidrag n’était pas de faire de l’argent. Tout est fait sur une base bénévole : aucun salaire, juste de l’implication.
Initialement, l’organisation voulait remettre 50 % des profits de l’événement à la fondation Cancer Saguenay. Mais, après l’événement, les organisateurs ont pris une décision forte.
En fin de compte, c’est 100 % des profits qui seront versés à la fondation!
Un résultat qui parle de lui-même

Partant d’un objectif initial de 5 000 $, un chèque de 20 275 $ a finalement été remis à la fondation Cancer Saguenay. C’est un résultat exceptionnel! À mon avis, il s’agit probablement du plus grand point positif du week-end.
Mes coups de cœur du week-end
Dans un événement comme celui-là , il y a des moments qui restent en tête. Personnellement, il ne s’agit pas juste du spectacle… mais bien ce que ces moments représentent. Voici donc ceux qui ont marqué mon expérience à la première édition du Festidrag de Saint-Honoré.
La relève : déjà du sérieux

La classe des 200 cc et moins nous a offert un premier moment mémorable. Notamment grâce à une jeune gagnante de seulement 8 ans, qui a livré une performance solide, appliquée et sans erreurs.
Concentration au départ.
Contrôle de la machine.
Zéro hésitation.
La relève est là et elle est prête!
Les femmes : présence et intensité

Les courses féminines ont aussi marqué la journée. Sérieuses et intenses, leur présence s’en vient de plus en plus forte dans le sport. Et au cÅ“ur de tout ça, Audrey Girard. Elle n’a peut-être pas gagné, mais elle a marqué l’événement autrement : par son courage et son implication et ce qu’elle représente.
Team McLeod : le niveau monte

La participation de la renommée Team McLeod a manifestement contribué à l’animation de l’événement. Dirigée par Éric Piètre, l’équipe a amené une crédibilité immédiate à l’événement. Et avec le populaire Peter McLeod sur place comme pilote, l’ambiance montait d’un cran. Quand des noms comme ça se présentent à une première édition, ça envoie un message clair.
Une mobilisation impressionnante
Derrière tout ça :
- 46 commanditaires
- 54 bénévoles
- 216 coureurs
- près de 4000 visiteurs
Une région qui a embarqué… à fond!
Apprendre… pour revenir encore plus fort
Oui, il y a eu des défis. Oui, il y aura des ajustements à faire. Mais, les organisateurs le savent, ils ont été victimes de leur succès. L’important dans tout ça, c’est qu’ils ont appris de cette première édition. En effet, ils envisagent déjà plusieurs pistes de solutions pour l’an prochain.
Remerciements
Je ne peux conclure cette chronique sans souligner l’implication essentielle des partenaires qui ont permis de transformer cette première édition en véritable succès. Un merci particulier à :
- Claveau et fils, entrepreneur général
- Les entreprises CC
- La Ville de Saint-Honoré
- La quincaillerie BMR de Saint-Honoré
Leur appui, combiné à celui des 46 commanditaires et des 54 bénévoles, a fait toute la différence.
Conclusion
En fin de compte, le Festidrag de Saint-Honoré n’aura pas été parfait. Mais, il a livré une expérience authentique, intense et mémorable! Et surtout, il a prouvé une chose :
Quand la motoneige dépasse la performance et qu’elle se connecte à quelque chose de plus grand, on ne crée pas juste un événement… on crée des moments.



