Le gouvernement du Québec a annoncé des investissements sur dix ans de 70 millions de dollars pour le développement touristique nordique. Selon Annie St-Pierre de QMI, il est impossible de connaître avec précision comment sera dépensée cette enveloppe budgétaire. Le gouvernement travaillera avec les communautés au nord du 49e parallèle pour étudier tous les projets qui seront soumis. 
 


Plusieurs acteurs sont nécessaires pour ce développement. Oui, travailler avec les communautés au nord du 49e parallèle, mais avant tout, une alliance solide entre le Ministère du tourisme et la Fédération des clubs de motoneige, qui possèdent déjà l’expertise, est impérative pour monter une offre touristique unique et originale. Le montage doit offrir des infrastructures qui correspondent aux tendances touristiques recherchées par les étrangers : gîtes confortables et propres, 100 kilomètres de sentiers maximum entre les gites, essence et secours disponibles.


Depuis des dizaines d’années, la motoneige subit les pressions du développement urbain.  La croissance des zones urbaines partout au Québec donnent des maux de tête aux clubs de motoneige. Les droits de passage, le déroutement et la fermeture de pistes, les plaintes des riverains, la critique des élus, la pression des lobbys écologistes et j’en passe sont les dossiers avec lesquels des bénévoles doivent composer. Lointain est la période où nous allions, mon père et moi, en randonnée motoneige à Ville St-Laurent ou Sainte-Anne-de-Bellevue.
 


Dans une perspective de développement urbain, de changement climatique et de la pérennité de la motoneige qui génère beaucoup d’argent neuf, il faut absolument saisir l’occasion que représente le Plan Nord. Il est impératif de consolider, par cette annonce du gouvernement, plus de 50 ans de développement. 


Une bonne partie des investissements doivent se situer au niveau de l’hébergement. Oui la raquette, le traineau à chien, la pêche blanche, dégustation de graisse de phoque dans un igloo et le filet de caribou sur la braise d’épinette importer de Fermont, le tourisme motoneige recherche avant tout les gites en bois rond avec foyer dans leur chambre, une cave à vin avec des Pommerol et des Saint-Émilion et un menu gastronomique. Toutes activités confondues, des gîtes de qualité avec service quatre saisons sont la base de l’offre touristique viable. 


Par la suite, il sera facile de déployer les activités autour des hébergements et de les relier avec des sentiers. Les randonnées hors-piste seront aussi un créneau à exploiter. Les circuits motoneige devront pouvoir se faire en boucle sans repasser par la même piste.


Je pense que le modèle scandinave pour la motoneige n’est pas à copier coller : pour avoir rencontré beaucoup de motoneigistes étrangers qui ont fait de la motoneige en Finlande, ils n’y retourneront jamais pour plusieurs raisons dont je discuterai peut-être dans une autre chronique.


Le lobby des manufacturiers et les associations de motoneigistes devront appuyer les efforts du Ministère et de la Fédération. Soyons prêts et développons ensemble un modèle Plan Nord motoneige sur les bases existantes qui offrent déjà un produit de qualité.