Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures en avril : Check!

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures en avril : Check!

Voici un récit d'une randonnée peu ordinaire… Rouler 1000 km en motoneige en une fin de semaine peut sembler pour plusieurs une méchante épopée. Le faire en moins de 24 heures pour la plupart d'entre nous une randonnée extrême, mais réussir à rouler 1000 km aussi tard que le 4 avril, en moins de 22 heures, c'est décidément un exploit!

C'est ce que mon ami Steve et moi avons réussi à faire au cours du weekend Pascal. Au départ, nous voulions faire une longue randonnée en cette toute fin de saison. On avait projeté de faire ce qu'on appelle ici « Le p'tit tour de la Gaspésie » soit un parcours d'entre 750km et 800 km. Cependant, un bout de la Trans-Québec #5 étant fermé entre Nouvelle et Carleton, nous devions revoir nos options. J'ai alors eu l'idée d'aller consulter le site de la Fédération des Clubs de Motoneigistes du Nouveau-Brunswick. J'ai pu constater que plusieurs sentiers du nord-est de la province étaient fraichement surfacés. Notre porte d'accès à ce territoire était le sentier entre Biencourt et le Club de la Rivière-Verte.

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Nous avons alors convenu de tenter de faire le « Chalenge Motoneiges.ca » qui consiste à rouler 1000 km en moins de 24 heures. Il y avait par contre une ombre au tableau soit l'arrivée d'une tempête printanière qui pourrait faire dérailler notre projet. On a alors décidé de ne pas trop ébruiter notre idée de fou.

Côté logistique, il était clair que nous devions apporter des réservoirs de 20 litres avec nous, car l'essence devient très rare en pleine nuit dans les petites localités à proximité de notre trajet. Le départ est prévu pour 06h00 le samedi 4 avril.

04h45 samedi matin, ma montre se met à sonner et je me réveille me demandant ce qui se passe… En moins de 10 secondes, mon état de confusion fait place à l'excitation devant le défi qui m'attend! Je me prépare en essayant de ne réveiller personne dans la maison et à 06h00, je démarre le moteur de la SR Viper afin de partir à la rencontre de mon ami… Les conditions près de chez moi ne sont vraiment pas belles, car le sentier n'est en fait qu'une patinoire balisée. J'arrête à quelques occasions et je cherche toutes les petites plaques de neige qui sont sur ma route. Après environ 10 kilomètres, les conditions s'améliorent grandement et je peux enfin rouler de façon continue. Le fond de sentier est en très bon état… Quelques petites bosses ici et là, mais rien de bien sérieux.

À St-Marcelin, je retrouve Steve qui roule aujourd'hui sur un Renegade X-RS 2015. Il me raconte qu'il a eu les mêmes conditions de sentiers glacés près de Rimouski. Notre premier « checkpoint » sera la municipalité de Biencourt où nous ravitaillerons nos véhicules. Le trajet se fait très bien. Les conditions sont de très bonnes et excellentes selon les secteurs. À mi-chemin, une faible neige se met à tomber. En quittant Biencourt, on prend le sentier qui rejoint le Nouveau-Brunswick. La neige commence à se faire un peu plus insistante et le vent commence à se lever. 

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Notre second arrêt est le « Moose Valley Lodge ». On en profite pour connaitre les heures de fermeture afin de planifier nos pleins d'essence. Tomber en panne d'essence n'est pas une option en pleine nuit… Ni de jour d'ailleurs, car la circulation de motoneige est très très faible.

Nous repartons vers notre troisième « checkpoint » soit Kedgwick. À quelques kilomètres du Moose Valley, on prend le sentier 17 Est. À ma grande surprise, je constate que nous sommes les premiers à emprunter ce sentier depuis un jour ou peut être deux… Il y a une couche d'environ 10 cm de neige fraiche et on a l'impression de rouler sur un nuage. Que de plaisir!

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Nous atteignons sans problème Kedgwick où nous faisons notre deuxième plein de la journée. On a 270km de fait et on apprend que cette station-service ferme à 23h00 (ou 22h00 à notre heure). Notre problème d'essence est résolu si on est en mesure d'accomplir notre 1000 km. En effet, en faisant le plein à cet endroit et avec nos contenants de 20 litres, on avait assez d'autonomie pour revenir à la maison. Le défi maintenant, était d'atteindre la barre des 730km avant 22h00!

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Nous profitons de cet arrêt pour dîner et élaborer notre stratégie… On s'entend pour faire de Kedgwick le point central de notre journée. Nous ferons des boucles ou des aller-retour autour de ce point. Deuxième constat, on doit choisir nos trajets afin de faire le plus de distance en un minimum de temps. En effet, la tempête fait rage et les conditions risquent de se détériorer avec les vents. Donc on va faire un aller-retour vers Campbellton et un second vers St-Léonard. Ces sentiers sont sur le tracé d'anciennes lignes de chemin de fer alors nous pourrons rouler à un bon rythme. 

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Nous mettons notre plan en marche et nous avons encore le droit à de bonnes conditions sur la majorité de notre parcours, mais en terrain découvert, on rencontre des séries de lames de neige où nous devons faire très attention afin de ne pas perdre le contrôle ou nous enliser. 

Le plan élaboré fonctionne à merveille et vers 19h00, la neige s'arrête et le vent diminue. Nous avons alors un peu plus de 600 km de fait. C'est cette partie que j'ai trouvé un peu plus ardue. En effet, avec l'arrivée de la noirceur, la fatigue commence à se faire sentir. J'ai vraiment hâte d'atteindre la marque des 730 km et de reprendre le chemin de la maison.

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Vers 21h30, nous arrivons à la station-service avec 733 km au compteur. Enfin! Nous faisons le plein et on décide de manger un sandwich, car nous n'avons pas encore soupé… On mange donc accoté sur le comptoir avant d'entamer la dernière partie de notre périple.

À 22h00, on s'assoie sur nos motoneiges et reprend le sentier. Après quelques kilomètres je sens l'énergie me revenir et je suis heureux de ce que nous sommes en train d'accomplir. Ça faisait quelques années que je n'avais pas fait le Challenge Motoneiges.ca et tous les printemps, lorsque ma saison se terminait, j'étais déçu de n'avoir pas pu le faire. Cette année, Steve et moi pourrons dire « On l'a fait! ».

Rouler 1000km en motoneige en moins de 24 heures

Le retour au Québec se fait sans problème et arrivé à la station de ski de Biencourt, on vide notre réserve d'essence dans nos motoneiges. On en profite pour se dégourdir, mais le froid de cette nuit de pleine lune nous force à écourter notre arrêt. On rattache nos bidons et on repart en direction de la maison. Vers 02h30 AM, on arrive dans les sentiers de notre club local… On est vraiment sur les derniers km de cette belle randonnée. Steve et moi prenons des chemins différents à environ 40 km de chez moi. On se sert la main en se félicitant mutuellement. 

À mon retour, je rencontre les mêmes manques de neige pour lubrifier les glissières et je longe les clôtures afin de pouvoir continuer à rouler jusqu'à chez moi. Je pends alors une photo de l'odomètre avant d'éteindre le moteur. Voilà c'est fait!


Au départ…

À l'arrivée… 1002km !

Juste une petite anecdote avant de terminer… Lors du dîner de Pâques, un membre de ma famille m'a posé la question suivante : « Qu'est ce que tu trouves de si amusant dans ce genre de randonnée? Rouler en motoneige? » Je lui ai simplement répondu « Oui » avec un petit sourire en coin!   Je crois que seulement un passionné de motoneige peut vraiment comprendre cela… 


Denis Lavoie et Steve Gaudreau