Jean-Claude Canuel – Toujours opérateur de surfaceuse à 86 ans

Motoneiges.ca: J-C Canuel

Connaissez-vous ces personnes qui préparent vos sentiers la nuit? Celles qui travaillent pendant que vous dormez afin de vous offrir des conditions impeccables pour votre randonnée de motoneige?

À 86 ans, Jean-Claude Canuel est l’un de ceux-là. Il est opérateur de l’une des trois surfaceuses du Club sportif populaire du Bas-St-Laurent de Rimouski. Toujours aussi passionné, il poursuit son implication avec un objectif bien simple : offrir de beaux sentiers aux motoneigistes.

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Ses débuts dans le monde de la motoneige

À 86 ans, Jean-Claude est toujours un homme très actif. Bénévole à ses moments libres, il a débuté son implication dans le club durant les années 70. À l’époque, l’ébranchage « se faisait avec un sécateur à la main ». Un travail exigeant qui prenait beaucoup de temps. Heureusement, les nouveaux équipements ont permis de simplifier la tâche pour certains bénévoles.

Jean-Claude a fait plusieurs métiers, souvent reliés au milieu agricole. Il a été employé de ferme durant de nombreuses années. Devenu palefrenier, il prit soin de nombreux chevaux. Durant quelques années, il a même transporté des chevaux par bateau de Rimouski à l’île d’Anticosti pour les périodes estivales. Toute une aventure!

Avant toute chose, Jean-Claude est un motoneigiste. Partir avec sa conjointe Nicole pour aller manger au relais du club voisin, quel plaisir! À l’époque, une randonnée de 80 kilomètres pouvait prendre toute la journée. L’entretien des sentiers n’était pas aussi efficace, mais le plaisir était toujours aussi grand qu’aujourd’hui.

Ses premières heures comme opérateur de surfaceuse

Rien ne laissait présager qu’il serait encore opérateur de surfaceuse à 86 ans. Tout débute il y a une quinzaine d’années. Il se retrouve sans emploi durant la période hivernale. N’étant pas le type de personne à ne rien faire, il offre ses services au club pour opérer une surfaceuse.

Sans nécessairement avoir tous les prérequis, il avait le plus important : la volonté d’apprendre et la fierté du travail bien fait.

Il fait ses premières armes avec Benoît Jean, grand bénévole du club. Ce dernier possède une grande expérience des surfaceuses et de la machinerie. Désireux d’acquérir les connaissances requises, Jean-Claude n’hésite pas à poser toutes ses questions au doyen de l’époque. Un seul but : offrir de beaux sentiers aux motoneigistes.

Jean-Claude démontre une grande capacité d’apprentissage. Il passe rapidement à la maîtrise des trois surfaceuses de l’époque : un tracteur Massey 6480, un Lamtrac 4000 et un Skidion, qui était un exemplaire unique au Québec.

Il apprend sur un territoire ayant toutes ses complexités : boisés, champs, relief accidenté, vents violents, peu de neige près du fleuve et neige abondante à l’intérieur des terres. Bref, des conditions variables qui l’obligent à maximiser l’efficacité des différents équipements.

Il profitera également des compétences d’un deuxième mentor. Il a la chance de recevoir les conseils de Mario Gobeil, qui en est à sa 33e saison à titre d’opérateur. Mario en profite pour partager ses connaissances et son expérience. Passionné, Jean-Claude reconnaît et apprécie l’apprentissage acquis auprès de ses pairs.

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Le travail d’un opérateur de surfaceuse

Comme motoneigiste, Jean-Claude comprend bien l’importance d’un surfaçage de qualité. Un travail bien fait par un opérateur, c’est le bonheur des motoneigistes.

Ce travail exige d’abord une grande disponibilité. Malgré la planification d’un horaire régulier, la météo n’hésite pas à chambouler les sorties. Idéalement, le surfaçage se fait après le coucher du soleil et se poursuit durant la nuit. Dans de rares occasions, il doit surfacer de jour. Mais sa préférence va à la nuit afin de bien préparer les sentiers.

Pour Jean-Claude, un bon surfaçage, c’est un travail de précision et d’attention à tout moment. Il faut travailler avec la pelle avant et ajuster continuellement les couteaux de la gratte. On doit être vigilant aux traverses de route pour ne pas déposer de neige dans le chemin. Parfois, il faut prendre le temps de reculer et de retravailler le sentier.

Chaque sortie est différente. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’état de la neige est très important pour obtenir un excellent résultat. Une neige plus sèche, comparativement à une neige plus humide, ne roulera pas de la même façon dans la gratte.

Toujours aux commandes à 86 ans

Avec des sorties régulières de huit à neuf heures en moyenne, Jean-Claude a légèrement diminué ses heures pour cette saison. Mais il est toujours aussi passionné par le travail bien fait. Il est disponible pour remplacer au pied levé et effectuer des sorties à toute heure du jour ou de la nuit.

Lors de certaines conditions météorologiques, il peut faire 10 heures et même 12 heures consécutives. Comme il se plaît à le dire : « J’aime être au volant, ça ne me fatigue pas. »

Pour lui, l’idéal est de partir au coucher du soleil et de revenir vers 3 ou 4 heures du matin. Cela permet de produire un travail de qualité et au sentier de durcir avant que les motoneigistes prennent le chemin du plaisir au petit matin.

Comme les circuits peuvent être longs, il est parfois nécessaire d’avoir deux opérateurs pour le même circuit. Jean-Claude n’a aucune réticence à faire le deuxième quart de travail, qui commence en début de nuit pour se terminer tôt le matin.

Un nouveau défi s’est présenté lors de la dernière saison. Le club a acquis trois mini-dameurs à utiliser en début de saison et lors de grosses tempêtes. Jean-Claude a rapidement maîtrisé ce nouvel équipement. Il en profite pour faire des tests et partager son expérience.

Il est toujours disponible pour aider le club. Il n’hésite pas à effectuer quelques tâches de mécanique. Une surfaceuse est en problème dans un sentier? Il est présent pour aller sur place et aider. Il n’hésite pas à transférer ses connaissances et à demander conseil aux autres opérateurs. Il est toujours en mode apprentissage.

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La passion du travail bien fait

Jean-Claude est un passionné. Quel plaisir de discuter avec lui! Il n’hésite pas à expliquer comment les conditions de neige changeantes obligent l’opérateur à effectuer des manœuvres différentes selon la qualité de la neige.

Prendre le temps de remplir un trou, reculer avec la surfaceuse et s’assurer de passer sur celui-ci avec la chenille pour bien tasser la neige : seul un passionné va prendre le temps de bien faire ce travail, et ce, uniquement pour le bénéfice des motoneigistes. Ce sont ces petits détails qui maximisent la qualité d’un sentier.

Toujours motoneigiste, Jean-Claude fait souvent une randonnée pour examiner les conditions des sentiers. Il a à cœur de s’assurer que les motoneigistes puissent profiter de beaux sentiers.

Avec les années, il est devenu à son tour un formateur pour la relève. Son objectif est de s’assurer que celle-ci atteigne les mêmes standards que lui et les « anciens » ont acquis au fil des années.

Sa motivation : la satisfaction des motoneigistes

La plus grande motivation de Jean-Claude est le travail bien accompli. Il se rappelle certaines journées où il revenait à la maison et disait à son épouse Nicole : « Je suis content de mon ouvrage. Je suis heureux! »

Une fierté dont les motoneigistes bénéficient directement grâce à son travail bien fait.

Sa plus grande satisfaction survient lorsqu’un motoneigiste prend le temps de lui parler et de le remercier pour la qualité du sentier. Il se souvient notamment d’un motoneigiste de Sainte-Luce qui a pris le temps de l’arrêter durant son surfaçage. C’était simplement pour le remercier et lui dire que le sentier était très beau.

Pour Jean-Claude : « Ça, c’est ma paye! »

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Le futur? Continuer tant que la passion est là

À 86 ans, Jean-Claude est toujours motivé à poursuivre son travail d’opérateur. Comme il aime le dire, tant que la santé lui permettra de continuer, le club pourra compter sur lui.

Jean-Claude a toutefois vécu une petite malchance en mars. En plein sentier, sa fidèle motoneige 2018 a passé au feu. Qu’on se le tienne pour dit : il a rapidement procédé à l’achat d’une nouvelle motoneige, prêt pour la prochaine saison!

86 ans et toujours la même passion pour les sentiers

Jean-Claude démontre que l’on peut vieillir et demeurer actif. Il est un bel exemple de l’apport que peut avoir un bénévole dans sa communauté.

Derrière les beaux sentiers que nous empruntons en motoneige se cachent des gens comme Jean-Claude, qui donnent de leur temps, travaillent la nuit et mettent leur expérience au service des autres.

Si vous le rencontrez, prenez le temps de le remercier. Et si vous avez quelques minutes pour discuter avec lui, il vous touchera certainement par sa passion.

Remerciements

Merci à toi, Jean-Claude, ainsi qu’à tous les opérateurs et opératrices de surfaceuse. Ces personnes passent des soirées, des nuits et des fins de semaine à nous préparer de beaux sentiers pour que nous puissions, tout simplement, nous amuser.