Projet Objectif 2020 vu par un motoneigiste après 2 ans

Projet Objectif 2020 vu par un motoneigiste après 2 ans

Au cours des dernières semaines, on a pu voir plusieurs articles de journaux ainsi que différents posts sur les médias sociaux à propos du projet Objectif 2020 initié par la FCMQ. Les opinions diffèrent grandement et sont souvent tranchées. Certains sont pour alors que d’autres s’y opposent farouchement. Parmi ceux qui s’y opposent, on retrouve habituellement les plus gros clubs qui peuvent compter sur un fort membership. Ils sont naturellement contre le partage de l’argent entre les divers clubs de la province.

Un brin d’histoire…

Retournons un peu dans le temps… Il y a un peu plus d’une quinzaine d’années, les clubs de la FCMQ avaient mis en place un système de péréquation afin d’aider les plus petits clubs à joindre les deux bouts. Parallèlement à cela, depuis le début des années 2000, il y a eu de nombreuses fusions de clubs. On est donc passé d’environ 240 à 198 clubs en 20 ans. Tout ceci a eu un impact sur la qualité des sentiers au fil du temps. Cependant, on constate que certains gros clubs roulent pratiquement sur l’or alors que d’autres tirent le diable par la queue. Ceci a définitivement un impact sur l’entretien des sentiers et par le fait même, sur la qualité de ceux-ci.

Projet Objectif 2020 vu d'un motoneigiste

Plusieurs raisons expliquent cette situation comme la proximité des clubs des grands centres, le nombre de kilomètres de sentiers entretenu, le niveau d’enneigement, la durée moyenne d’une saison, le type de terrain (plaine, accidenté ou montagneux), la réalité climatique locale …

On peut donc se retrouver avec un club de 3000 membres qui a 75 kilomètres de sentiers à entretenir et dont la saison moyenne dure 3 ou 4 semaines. Alors qu’un autre club qui compte 150 membres entretient 140 km pendant 12 semaines… Ça ne prend pas une maîtrise en comptabilité pour constater le contraste entre ces deux exemples…

Le système de péréquation actuellement en place était un pas dans la bonne direction, mais il ne permet pas un juste équilibre à travers tout le réseau.

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Le projet Objectif 2020 a pour objectif de mieux répartir les ressources financières dans le but d’offrir aux motoneigistes une qualité de sentier équivalente, peu importe où ils roulent et peu importe la période de la saison. Je peux comprendre que certains clubs sont réfractaires à adhérer à ce modèle puisqu’ils devront alors assumer une perte de revenus substantielle. Certains disent que l’Objectif 2020 déshabille Paul pour habiller Pierre. Si on ne regarde qu’au point de vue local, ça peut sembler vrai. Cependant ne faut-il pas regarder d’un point de vue plus provincial ?

Mais qu’est-ce que ce nouveau mode de financement ?

Dans le mode proposé, chacun des clubs reçoit :

  • 200$ par kilomètre de sentier
  • 10$ par membre
  • 70$ pour chaque heure de surfaçage

Ces montants pourraient être ajustés au fil du temps afin d’optimiser le système.

L’avantage majeur est que les clubs sont payés pour chaque heure de surfaçage effectué. Pour les petits clubs, ceci leur permet souvent de passer d’une sortie par semaine à deux, voire trois par exemple. Ceci a un impact direct sur la qualité des sentiers. Les clubs n’ont plus à ajuster leurs horaires de surfaçage au solde disponible de leur compte de banque.

Projet Objectif 2020 vu d'un motoneigiste

Attentes des motoneigistes

À titre de motoneigiste, quelles sont nos attentes envers les clubs lorsqu’on achète notre droit d’accès ? Bien entendu, on s’attend à ce qu’ils nous offrent des sentiers sécuritaires, bien signalisés et que ceux-ci nous donnent accès aux principaux services. Cependant ce qui prime c’est que ces mêmes sentiers soient bien entretenus et de façon régulière tout au long de la saison.

De plus, la réalité d’aujourd’hui est qu’on risque de circuler dans les sentiers de plusieurs clubs dans une même et seule journée au guidon de notre motoneige. À quoi bon avoir des sentiers impeccables sur le territoire d’un club si on se retrouve par la suite dans des sentiers complètement détruits dans les clubs avoisinants ? Qu’allez-vous retenir de votre journée de motoneige ?

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Dans le cadre du projet Objectif 2020, mis à part pour un bris mécanique ou des conditions climatiques défavorables, les clubs n’auront théoriquement plus d’excuses pour ne pas entretenir adéquatement les sentiers de leur territoire tout au long de la saison. Ce sont les motoneigistes qui en sortent gagnants !

Mes observations après deux saisons de projet pilote

J’ai la chance d’habiter à la limite des régions du Bas-St-Laurent et de la Gaspésie. Nous sommes habituellement très choyés au point de vue des quantités de neige et de la durée moyenne de la saison. Cependant, on compte aussi, dans l’est de la province, plusieurs clubs avec un très faible membership. Au cours des deux dernières années, les clubs de la Gaspésie ont fait partie du projet pilote. J’ai donc été aux premières loges pour voir les impacts directement dans les sentiers.

Projet Objectif 2020 vu d'un motoneigiste

Pour ma part, j’ai vu une augmentation de la fréquence des surfaçages dans la majorité des clubs de la Gaspésie. Ceci est d’autant plus marqué à la toute fin de la saison. Même dans les périodes de forts achalandages, la qualité des sentiers s’est améliorée. J’ai alors l’impression d’en avoir plus pour mon argent si on veut.

Je ne peux pas parler pour tous les motoneigistes, cependant, mes attentes lorsque j’achète mon droit d’accès sont simples. Primo, peu importe l’endroit, je veux pouvoir circuler dans des sentiers bien entretenus, disposant d’une bonne signalisation et bien entendu sécuritaires ! De plus, je veux pouvoir le faire tout aussi longtemps que les conditions d’enneigement le permettent. Tout le reste est pour moi secondaire. Je suis sûr que ma vision est la même pour la grande majorité des passionnés de motoneige de sentier.

Alors, le Projet Objectif 2020, n’en déplaise à ses détracteurs, a le potentiel, à terme, d’améliorer la qualité générale des conditions au sein des 30 000 km de sentiers surfacés au Québec. Dans le fond, c’est tout ce que les 100 000 membres désirent ardemment. Est-ce votre cas ?

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Au plaisir de vous croiser dans les sentiers la saison prochaine !

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