BRP se propulse dans l’espace

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L’entreprise de Valcourt, en Estrie, construira les prototypes terrestres de deux véhicules d’exploration lunaire et d’un véhicule d’exploration martienne, de concert avec le Centre de technologies avancées BRP-Université de Sherbrooke (CAT).

Ce mandat inédit pour BRP découle d’un contrat de 5,6 millions de dollars obtenu de la société aérospatiale MacDonald Dettwiler and Associates (MDA), qui est établie en banlieue de Vancouver.

«Nous réaliserons le châssis et les systèmes de locomotion, ce qui inclut les moteurs électriques et le système de batteries. C’est donc la plateforme mobile, le véhicule lui-même», a indiqué le président-directeur général du CAT, Mihai Rasidescu, en entrevue téléphonique avec La Presse Affaires.

MDA s’occupera du matériel spécialisé qui équipera les véhicules, comme les instruments de forage, de prise d’échantillons et de cartographie.

Dans son budget de janvier 2009, le gouvernement fédéral avait annoncé une contribution supplémentaire de 110 millions sur trois ans pour l’Agence spatiale canadienne afin d’appuyer divers projets de robotique, notamment la mise au point de prototypes de véhicules d’exploration de Mars et de la lune.

À l’époque, BRP avait affirmé qu’elle ne s’intéressait pas à l’espace et qu’elle préférait se concenter sur ses activités terrestres, comme son nouveau véhicule routier Spyder. Un porte-parole de BRP avait cependant indiqué que l’Agence spatiale discutait avec le CAT.

L’automne dernier, après un processus d’appel d’offres, l’Agence spatiale a confié à MDA deux contrats d’une valeur totale de 17,5 millions pour la réalisation des premiers prototypes terrestres des véhicules d’exploration.

Ceux-ci devraient être prêts à effectuer des essais sur le terrain avant la fin de 2012, possiblement dans l’Arctique canadien.

Ces véhicules, de la taille d’un véhicule tout-terrain, seront entièrement robotisés. Mais, dans le cas des véhicules lunaires, ils pourront transporter un ou deux astronautes sur de courtes distances, si nécessaire.

«C’est très excitant pour des ingénieurs, des gens de recherche et des techniciens, s’est enthousiasmé M. Rasidescu. C’est un rêve devenu réalité. D’un point de vue professionnel, on ne peut pas demander plus que ça.»

Ce n’est pas seulement la perspective de voir un jour le résultat de son travail fouler le sol de la Lune ou de Mars qui excite les ingénieurs et les chercheurs, mais c’est aussi la complexité du projet.

«Les enjeux technologiques sont très spéciaux, a expliqué M. Rasidescu. On parle de conditions de terrain très accidentées et d’un environnement très différent de l’environnement terrestre.»

Il faut notamment tenir compte du fait que la gravité lunaire est six fois moindre que la gravité terrestre, et que la gravité martienne est trois fois moindre. Les écarts de température sont également très élevés: il peut faire -150 degrés Celsius du côté ombragé de la Lune qui est à l’ombre et 250 degrés Celsius du côté ensoleillé.

«C’est un écart énorme pour les matériaux, a poursuivi M. Rasidescu. Tout dépendant de l’environnement, tu peux congeler ou tu peux complètement brûler.»

Avant de mettre les roues sur la Lune ou sur Mars, le véhicule d’exploration connaîtra diverses étapes de développement. Un exemple: en raison des différences de gravité, le véhicule qui ira finalement se promener sur la Lune ne pourra pas fonctionner sur la Terre parce qu’il ne pourra pas résister à la gravité terrestre. Il faudra donc des prototypes différents pour chaque étape. Le projet pourrait ainsi prendre plus de 10 ans.

L’Agence spatiale canadienne a souhaité que les véhicules trouvent des applications terrestres, notamment dans le secteur des mines et de la sécurité.

Une douzaine de personnes travaillent déjà au projet au CAT.
 

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