Jacques Villeneuve a tenu hier à faire taire tous ceux qui doutaient de son retour en compétition.

Le vétéran pilote de 61 ans a repris les guides de sa motoneige pour la première fois depuis sa dernière présence sur le Circuit Pro Tour, il y a 10 mois, où il avait laissé entendre que sa carrière de pilote était terminée.

Or, il n’en est rien. Ses intentions sont on ne peut plus claires. La retraite, ce sera pour plus tard.

Villeneuve a brisé la glace hier, c’est le cas de le dire. Il a parcouru plusieurs tours d’un tracé qu’on avait aménagé spécialement pour lui sur la surface gelée du fleuve Saint-Laurent à la hauteur de Saint-Barthélemy.

Après quelques tours de reconnaissance à vitesse réduite, on l’a vu ­augmenter le rythme pour apprivoiser la motoneige qu’il a complètement rebâtie au cours de l’automne.

Ambitions intactes

«On n’est pas venu ici en figurants», a-t-il expliqué après sa première série de boucles à haute vitesse.

«Moi, je veux prouver que je peux encore rouler en avant, a-t-il répété. C’est pour cette raison qu’on s’est présenté ici à quelques jours du début de la saison. Je mets toutes les chances de mon côté pour me battre avec les meilleurs de la série. Mes ambitions sont intactes, mais il faut aussi que la motoneige se montre à la hauteur.»

Bien secondé par son groupe de mécaniciens, dont son complice des 20 dernières années, Jean-Marc Huard, ­Villeneuve a multiplié les démarches pendant la journée pour améliorer les performances de sa motoneige.

«Comme plusieurs d’entre vous, je n’ai jamais pensé qu’on retournerait aux courses cette année, a avoué Huard. Mais c’est plus fort que lui. Je ne vois pas le jour où il va abandonner.»

Entre deux séances d’essais, ­Villeneuve a donné des directives qui ont porté leurs fruits.

«Ce n’est pas encore parfait, mais on progresse, a-t-il poursuivi. Le moteur est le nerf de la guerre. Et à cet égard, je suis très motivé, car on a gagné quelques chevaux en puissance. J’ai atteint la vitesse de 140 km/h sur la ligne droite, c’est rassurant. On peut faire encore mieux, sachant toutefois qu’il faut arriver à un compromis pour aborder les virages en toute quiétude.»

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Réputation à défendre

Peu importe la réaction de certaines personnes, qui s’amusent à le critiquer et à le traiter de tous les noms, ­Villeneuve, lui, ne bronche pas.

«Ce que pensent ces gens-là ne me dérange pas. Je ne fais pas l’unanimité, j’en conviens, mais ça ne m’empêchera pas de continuer. Je connais aussi des joueurs de hockey qui font l’objet de critiques. L’important, c’est d’avoir le feu sacré et de donner le maximum de soi-même.»

Mais un fait demeure, le retour de ­Villeneuve, dont la masse cancéreuse à l’estomac a été réduite de 75 pour cent à la suite de traitements de chimiothérapie subis au cours des derniers mois, est une très bonne nouvelle pour les promoteurs de courses de motoneige, notamment le Grand Prix de Valcourt qui aura lieu le mois prochain.

«Oui, j’attire l’attention, rétorque-t-il. Le nom Villeneuve est encore vendeur au Québec. Mais pour moi, ça ne change rien. Je fais des courses de motoneige, parce que j’aime ça avant tout.

«On s’est bâti une réputation de ­gagnants dans le passé et le public a ­apprécié et nous a adoptés.

«Par contre, les amateurs s’attendent à de bons résultats de ma part. Cette réputation, je dois la défendre constamment. Si je roule derrière, les gens vont se tanner et je vais les ­comprendre.

«Mais, je ne suis pas rendu là…»

Céline attend toujours son cadeau

Céline Villeneuve avait poussé un soupir de soulagement quand son conjoint lui a signifié, en mars dernier, qu’il ­voulait prendre sa retraite.

Mais c’était avant qu’il ne retrouve la santé et cette rage de courir.

«Non, je ne suis pas d’accord avec sa décision, a dit Céline, en entrevue téléphonique au Journal de Montréal. Je ne serai jamais d’accord. J’étais tellement heureuse de savoir qu’il souhaitait finalement s’arrêter. C’était pour moi le plus cadeau qu’il pouvait m’offrir. Mais ce cadeau, il ne me l’a pas encore donné.»

Crainte

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Céline n’a pas voulu assister aux premiers tours de piste de son mari, hier, et elle ne se présentera pas à Cornwall, la semaine prochaine, à l’occasion de la première épreuve de la saison.

«Je suis trop craintive, a-t-elle rétorqué. J’ai vécu tellement de mauvaises expériences dans le passé, dont des accidents terrifiants. J’ai toujours peur quand le téléphone sonne que ce soit pour m’apprendre une mauvaise nouvelle. C’est dur de réaliser que je vais vivre dans l’incertitude encore une fois.

«Je vais par contre me ­rendre à Valcourt, parce qu’il tient à ce que je sois présente, a-t-elle affirmé. Je le fais pour lui. Mais je sais déjà que je vais vivre dans l’angoisse ­pendant tout le week-end.»

Céline a eu une conversation avec l’oncologue qui a traité son époux.

«Je lui ai indiqué que Jacques voulait revenir à la compétition.»

À sa grande surprise, le médecin a approuvé sa décision.

«Il m’a dit: “Laisse-le faire, ça va l’aider à passer à travers sa maladie”. Et effectivement, ça lui a remonté le moral et redonné espoir. Il est beaucoup plus en forme qu’il était. Il y pense beaucoup moins.

«Quand je l’ai vu passer de longues heures dans son atelier, j’ai bien compris qu’il était heureux.

«Jacques m’a toutefois rassurée. Il n’entend plus courir le couteau entre les dents comme dans le passé, où, pour lui, c’était “ça passe ou ça casse”.»

Vous y croyez vraiment? Réponse la semaine prochaine…

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