Le vétéran Jacques Villeneuve n’en a pas fini avec la motoneige

Le vétéran Jacques Villeneuve n'en a pas fini avec la motoneige

SAINT-CUTHBERT | Dans son atelier, Jacques Villeneuve s’active à préparer le bolide qu’il enfourchera dès la semaine prochaine dans l’État de New York.

Le pilote expérimenté respire le bonheur quand il manipule les pièces de sa motoneige. C’est son univers, sa passion.

Et personne ne le forcera à accrocher son casque pour de bon. Du moins, pas pour l’instant.

Ni son âge vénérable de 61 ans, ni son cancer, dont il est en rémission, ni son épouse qui l’a imploré, après une série d’accidents très graves ces dernières années, de mettre fin à sa ­carrière.

S’il ne lui arrive pas

de pépins à Lowville, manche initiale du Circuit Pro Tour, il ­entend participer, du 12 au 14 février, au Grand Prix de Valcourt, l’incontournable rendez-vous qu’il avait raté l’an dernier en raison d’une blessure à une jambe l’ayant d’ailleurs conduit à annoncer sa retraite – une autre – de la compétition active.

«Lâchez-moi avec le mot retraite, dit Villeneuve, rencontré chez lui à Saint-Cuthbert. J’ai maintes fois affirmé que j’entretenais un mince espoir de revenir. Je n’ai jamais voulu arrêter.»

Vraiment?

«Vous savez, la motoneige, renchérit-il, c’est ce que je sais faire de mieux.

«Quand j’ai annoncé mon départ, je n’étais pas capable de réaliser ce que je voulais faire à bord de ma motoneige.

«Elle ne répondait pas bien. Quelquefois, elle avait des ratés, d’autres fois elle était performante. J’espère que ce problème sera réglé cette année.»

Pas d’attentes

Villeneuve avait indiqué l’an dernier que les chances pour qu’il abandonne étaient de 99,99 %.

«Il restait un petit pourcentage et je savais déjà, à ce moment, que je n’en avais pas fini avec la motoneige, affirme-t-il. Quand j’ai annoncé mes intentions de partir, j’ai fait plaisir à mon épouse pendant quelques minutes, en sachant pertinemment que ce n’était pas terminé.»

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À 61 ans, Villeneuve reconnaît qu’il n’a plus la fougue d’un jeune pilote.

«Je n’aime pas dire que je vieillis, explique-t-il. J’avance en âge, c’est vrai. Je sais aussi que, par rapport aux ­autres, j’ai un gros ­handicap.

«La motoneige, c’est dur physiquement, et moi, je ne me suis jamais entraîné. Je souhaite juste avoir le deuxième souffle pour réussir.»

Villeneuve ne s’est toutefois pas fixé d’objectif à l’aube d’une nouvelle saison.

«Je n’ai pas d’attentes, dit-il. Moi, je veux gagner et rien d’autre. La figuration ne m’intéresse pas, encore ­aujourd’hui. Ce n’est pas dans ma nature. Sinon, aussi bien ­rester à la maison.»

Le point de mire ?

Le Grand Prix de Valcourt ne peut que se réjouir de compter sur la présence de Villeneuve, couronné champion de cette épreuve à trois reprises (1986, 2005 et 2006).

Mais il prétend qu’il n’a pas une réputation à défendre ­devant ses fans.

«Vous me faites rire, les journalistes, dit-il. J’y vais d’abord pour me faire plaisir à moi. Mon frère Gilles était pareil. Il aimait rouler vite.

«On est des Villeneuve. Quelle réputation à défendre?» s’interroge-t-il.

«Tant mieux pour les spectateurs s’ils sont contents de me revoir. Mais j’imagine aussi que certains d’entre eux pensent que je n’y ai plus ma place et que je devrais décrocher pour de bon.»

Les Motoneiges Géro