Saison catastrophique 2024, la FCMQ répond à nos questions.

Quels seront les impacts du manque de neige sur l’activité de la motoneige ?

L’hiver 2023-2024 ne passera certainement pas à l’histoire. Du moins, si c’est le cas, ce ne sera assurément pas pour les bonnes raisons. Malgré un début de décembre prometteur à plusieurs endroits, l’hiver est tombé en panne jusqu’en début d’année. Cependant, à la mi-janvier, nous avons repris confiance avec l’arrivée des premières bordées. Hourra ! s’est écriée la nation motoneigiste avec cet or blanc qui jonchait le sol. Malheureusement, ce n’était pas tout le monde qui pouvait profiter de cet apport en quantité suffisante pour pratiquer notre activité. Comble du désespoir, une série de journées largement au-delà du point de congélation en février est venue détruire le travail acharné de milliers de bénévoles.

La situation de notre hiver 2023-2024 a de quoi faire sourciller. Sur la plupart des secteurs du Québec, la neige a fait défaut. Jusqu’à quel point cette situation inusitée, aura un impact sur l’activité de la motoneige !

À dire vrai, une grande majorité de motoneigistes n’ont pas encore profité pleinement de leur activité. Bien que l’hiver présent n’ait pas encore dit son dernier mot, les conséquences se font manifestement sentir pour plusieurs et il serait surprenant d’y trouver pleinement son compte.

Sentier de motoneige avec très peu de neige et de la boue

Une question se pose d’emblée : que pense la FCMQ de cette situation préoccupante ?

Pour ma part, je ne voudrais pas être dans leurs souliers en ce moment. Ils doivent composer avec un facteur qui est hors de leur contrôle.

C’est pourquoi nous avons contacté Stéphane Desroches, le Directeur général de la Fédération des Clubs de Motoneigistes du Québec (FCMQ), pour nous enquérir de son point de vue sur la situation actuelle.

Logo de la Fédération des clubs de motoneigisites du Québec (FCMQ)

MCA :

« Quels sont les impacts majeurs du manque de neige pour la FCMQ et de ses 197 clubs ? »

SD :

« L’impact majeur pour la FCMQ est la grogne des motoneigistes qui ne peuvent pas profiter de leur sport favori. De notre côté, nous sommes conscients que les membres ont été au rendez-vous, bien que nous sachions au préalable que nous aurions une baisse. Cette diminution est basée principalement sur la situation économique. Lors du dernier salon, nous avons questionné les gens et nous avons senti qu’une certaine clientèle avait plus de difficulté à acquérir une nouvelle motoneige ou à la remplacer. De surcroît, certains ont dû mettre leur activité sur pause. Nous avions anticipé une baisse de « membership », mais en bout de compte, celle-ci s’est avérée moindre que prévu malgré tout. »

MCA :

« Cette année, avec certaines régions plus favorisées que d’autres par les accumulations de neige, est-ce que tu estimes que le Programme d’aide financière aux clubs de motoneigistes du Québec (PACM) prend encore plus son sens ? »

SD :

« Oh que oui ! Nous l’avions bien analysé il y a quelques années en nous dirigeant vers le nouveau système de financement. Nous le remarquons à l’heure actuelle étant donné que plusieurs clubs ne sont pas en mesure de surfacer par manque de neige. Ils bénéficient néanmoins de trois paramètres, tels que promis. D’abord, ils ont reçu un montant pour le nombre de membres. Ils ont ensuite obtenu un second montant en lien avec le kilométrage qu’ils détiennent. Et finalement, ils profitent de 50 %, basés sur les trois dernières années, de la moyenne d’heures effectuées en surfaçage des sentiers. Que ce soit de l’entretien, des réparations ou de la pose ou l’achat de signalisation, cet argent vient combler ces coûts fixes. À ce moment-ci, il nous reste encore quelques semaines à la saison et ce programme prévoit l’argent nécessaire aux clubs pour leurs opérations de surfaçage. »

MCA :

« À notre mémoire d’homme, nous ne nous souvenons pas d’avoir vécu un pareil hiver. Est-ce que la FCMQ a déjà planché par le passé sur des avenues possibles en prévision d’une telle situation ? »

SD :

« Nous savons, vis-à-vis de la situation environnementale, que ce serait de plus en plus difficile. C’est pour cette raison que nous avons été proactifs dans l’aménagement de sentiers. C’est-à-dire que nous n’avons plus besoin d’avoir trois pieds de neige pour circuler. De plus, nous nous efforçons de ne pas être dans l’obligation de remplir des fossés. Depuis quelques années, nous procédons à l’installation de ponceaux et à la construction de ponts. Ces améliorations nous permettent de procéder à l’ouverture des sentiers plus rapidement en ayant moins de neige, sans que le froid ait fait son œuvre. Nous tentons de plus en plus d’optimiser notre réseau dans ce sens. Nous sommes tout à fait conscients, malgré tout, que nous avons été accablés d’un retard de deux semaines cette année pour les raisons que nous connaissons. »

MCA :

« Selon nous, les motoneigistes verraient d’un mauvais œil une augmentation du droit d’accès en 2024-2025. Est-il trop tôt pour discuter de vos actions et décisions à prendre prochainement ? »

SD :

« Avec certitude, ce sera une question qui sera discutée dans les régionales. En fin de compte, ce sont les clubs qui vont prendre cette décision. Nous savons pertinemment les besoins de ces derniers. Pour donner suite à des demandes, nous effectuons actuellement des analyses. Il est encore trop tôt pour se prononcer, car la saison n’est pas encore terminée. Tout ceci sera élaboré lors d’un prochain Conseil d’administration. Par la suite, il y aura des recommandations qui seront effectuées concernant les demandes de clubs. Ceux-ci ont des besoins en infrastructures et en remplacement de surfaceuse. Nous sommes en train d’optimiser et de faire une réflexion du réseau pour les années futures. Il y a une réalité de l’augmentation du coût de la vie et du prix d’acquisition des surfaceuses. Le coût de ces dernières a subi une augmentation de 30 %. Notre objectif est de garder un réseau vivant. En résumé, il en revient aux clubs de décider du coût du droit d’accès 2024-2025. »

MCA :

« Compte tenu du nombre d’heures de surfaçages beaucoup plus bas cette année, est-il envisageable de geler le prix du droit d’accès pour les deux ou trois prochaines années ? »

SD :

« Il faut bien comprendre les règles générales. Ce n’est pas la FCMQ qui effectue des suggestions. Nous effectuons plutôt des analyses que nous apportons par la suite au conseil d’administration. De leur côté, c’est le CA qui suggère aux clubs un statu quo ou une augmentation. Néanmoins, les augmentations sont assujetties à des raisons la justifiant. Finalement, tout comme mentionné lors de la réponse précédente, il incombe aux clubs de décider de la tarification de la saison prochaine. »

MCA :

« Afin de stimuler les gens à acheter leur droit d’accès en prévente l’an prochain, ne pourrait-on pas augmenter le rabais accordé tout en conservant le prix régulier au même montant que cette année ? »

SD :

« Il ne faut pas oublier les raisons qui ont poussé les clubs à créer une prévente. Ceux-ci ont beaucoup d’obligations dès le départ. Il n’est pas rare, de nos jours, de devoir mettre entre 50 000 $ et 60 000 $ de réparations sur une surfaceuse. Il y a aussi l’achat de la signalisation qui, malheureusement, se fait voler énormément. En plus, il y a l’entretien des garages pour abriter cet équipement. Nous avons 33 000 km de sentier et ça coûte plusieurs millions à entretenir. La réflexion que nous devrons faire est à savoir si nous avons les moyens de nos ambitions. En fin de compte, ce sont les clubs qui auront cette décision à prendre. »

MCA :

« Nous espérons tous que l’hiver 2023-2024 sera un évènement isolé et que nous vivrons des hivers plus normaux par la suite. Est-ce que tu entrevois les années à venir avec optimiste ? »

SD :

« Oui ! (Avec un ton déterminé) Avec la planification stratégique et la refonte que nous avons avec notre réseau, nous nous dirigeons de plus en plus vers un mode de développement. Celui-ci sera dirigé aux endroits plus enneigés. Nous avons des demandes en haut de Dolbeau-Mistassini et dans les Hautes-Laurentides. De plus en plus de pourvoyeurs sont au rendez-vous, car ce sont de merveilleux endroits pour faire vivre l’expérience de la motoneige. Je crois également au développement de l’électrification des motoneiges à court et à long terme. Il y a de belles choses qui s’en viennent et nous sommes très optimistes pour le futur. »

En conclusion, et à la lumière de ces réponses de la FCMQ, nous devons être fiers du réseau de sentiers que nous possédons avec des normes ministérielles. À mon humble avis, les fervents adeptes de motoneige vont continuer à pratiquer leur activité malgré ce petit inconvénient de 2024. J’espère sincèrement que cet hiver que nous vivons ne sera qu’un souvenir et que nous retrouverons des conditions d’enneigement enviables dans les années à venir. Restons positifs, les amis !

Crédit photo : Daniel Bastien « Dantheskidoo »

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