Voyage de motoneige en Basse-Côte-Nord : en préparation pour la Route blanche
Quel motoneigiste n’a pas entendu parler de la fameuse Route blanche? Pour la plupart d’entre nous, c’est un peu le Compostelle des motoneigistes. Récemment, j’ai eu la chance de faire ce voyage avec des amis. Je vous encourage d’ailleurs à aller lire le compte rendu de mon expédition, que j’ai publié en deux parties récemment. Dans la première partie, je raconte le début du voyage, de Natashquan à Harrington Harbour. Dans la seconde, vous pourrez lire la fin du voyage jusqu’à Blanc-Sablon. Dans cette troisième et dernière partie, je vais vous parler de ce qui m’a mené à faire ce voyage, ainsi que tous les préparatifs nécessaires au succès de celui-ci. Bonne lecture!
Pourquoi faire la Route blanche en motoneige
Vous vous demandez peut-être ce qui m’a amené à vouloir faire la Route blanche. D’abord, chaque personne qui entreprend cette aventure a probablement sa propre raison. Personnellement, j’aime la nature. La vie m’a amené à vivre dans une communauté inuit durant plusieurs années. L’immensité de la nature par sa beauté, sa pureté et le silence m’ont toujours impressionné.

La Basse-Côte-Nord m’a offert, sous différents aspects, des similitudes avec les communautés inuites dans lesquelles j’avais vécu. Je pense notamment à la rencontre de ces villages francophones, anglophones et autochtones si différents, mais aussi tellement similaires. Chaque endroit différait par la langue, mais leur accueil était identique.

Dans ma vie, j’ai circulé sur le vaste réseau de sentiers de la Fédération des clubs motoneigistes du Québec… de Percé à Matagami, de Chibougamau au Sud-Ouest du Québec. Après avoir parcouru la province, il ne me restait qu’un rêve à réaliser, qu’un sentier à découvrir : la fameuse Route blanche.
La Route blanche
La Route blanche est, avant tout, un lien important pour les communautés de la Basse-Côte-Nord. En hiver, cette route relie tous les villages entre Kegaska et Blanc-Sablon, jusqu’à la limite du Labrador. On parle de 459 km de lacs, de rivières, de baies, de boisés et de montagnes comprenant 23 refuges répartis entre les communautés. À des fins de sécurité, chaque refuge affiche ses coordonnées GPS, ainsi que la distance du village le plus près dans chacune des directions.

Sous la responsabilité du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec, cette route est entretenue régulièrement par des costiers. Que ce soit le surfaçage, la signalisation ou la mesure d’épaisseur de glace, soyez certain que ceux-ci assurent la sécurisation du chemin.
La signalisation
Si vous avez voyagé en Basse-Côte-Nord, vous aurez certainement vu les images des petits arbres pour identifier la Route blanche. Mais le circuit est-il aussi bien balisé que l’on pense?
Les costiers posent la signalisation et les balises à l’aide d’un mesureur. À l’exception des rares milieux boisés, la distance entre chaque balise est exactement de 50 pi. Celles-ci se trouvent sur l’ensemble du circuit de 459 km.
Ces mesures sont révisées régulièrement afin de sécuriser cette route officiellement entretenue par le Ministère afin de relier tous les villages de la Basse-Côte-Nord.
Le surfaçage
À l’exception des journées de tempête, la route est grattée régulièrement. Nous avons d’ailleurs rencontré les responsables de l’entretien à maintes reprises pendant notre voyage. Ceux-ci travaillent par équipes de deux, chaque membre ayant une motoneige et une gratte. Ainsi, ils corrigent et vérifient régulièrement que le sentier est sécurisé.

La glace
Naturellement, on traverse beaucoup de rivières et de baies sur la Route blanche. En Basse-Côte-Nord, ces plans d’eau sont assujettis à un effet de marée important. Il est donc vital de circuler entre les balises du sentier. Autrement, on risque de s’enliser dans la gadoue… la fameuse slush. J’ai été à même de voir des traces à quelques mètres du sentier. Celui-ci est très solide en raison de la circulation régulière des motoneiges. Si vous le quittez, c’est à vos risques… et ils sont élevés.
Les agents d’entretien mesurent l’épaisseur de glace régulièrement afin d’assurer un passage sécuritaire pour les motoneigistes. Alors, tant que vous resterez sur le sentier balisé, vous n’aurez aucun problème.
Préparer un voyage de motoneige sur la Route blanche : les questions essentielles
Quelle est la meilleure période pour partir sur la Route blanche?
Selon mes recherches, les meilleures dates pour faire la Route blanche se situent entre la mi-février et la mi-mars. Prévoyez cependant un peu de flexibilité pour le départ et l’arrivée. Dans mon cas, j’ai dû attendre trois ans pour des conditions favorables.
La Route blanche est-elle une aventure sécuritaire?
Je vous parlais des multiples cours d’eau que l’on traverse sur la Route blanche. Vous vous demandez peut-être si c’est sans danger. Je vous rassure, à aucun moment de mon voyage je ne me suis senti en danger. Respectez les consignes de sécurité et la signalisation et vous aurez un voyage agréable et sans danger.
Mais qu’en est-il des longs tronçons entre les villages? Rassurez-vous, la Route blanche comprend de nombreux abris sécuritaires avec du bois de chauffage pour vous accueillir. De plus, j’ai rencontré de nombreux motoneigistes circulant de village en village.
Et ce n’est pas tout! Saviez-vous que si vous croisez un motoneigiste à l’arrêt le long de la route, vous ne pouvez pas passer tout droit? En effet, vous avez l’obligation de vérifier s’il est en panne ou s’il prend seulement une pause. Dans ces régions éloignées, l’entraide est essentielle ; c’est une question de survie.
Doit-on avoir un guide pour faire la Route blanche?
La réponse rapide, c’est oui et non. Au fond, ça dépend de vos intentions.
Si vous voulez visiter certains endroits au large de la Route blanche, vous aurez besoin d’un guide. Les marées peuvent apporter de l’eau au-dessus de la glace et sous la neige formant la fameuse slush.

Il faut prendre le temps d’aller au large pour voir et apprendre ce qu’était la vie des premiers costiers. Il est essentiel d’être accompagné d’un guide si on veut s’y aventurer. C’est une belle occasion d’apprendre sur l’histoire fascinante de cette région.

En revanche, si vous avez beaucoup d’expérience de voyage en motoneige, ce n’est pas nécessaire. Dans ce cas, par contre, assurez-vous de ne jamais quitter le sentier. Cela dit, je vous recommande fortement de faire appel aux services de Voyages CoSte, une agence qui se spécialise dans ce genre de voyage. Ils pourront certainement vous fournir un guide là où c’est nécessaire.
Dois-je avoir une motoneige hors-piste pour faire la Route blanche?
Non. J’ai réalisé mon voyage avec une motoneige de sentier. J’avais un Ski-Doo Renegade avec une chenille de 137 po et j’ai adoré mon expérience. D’ailleurs, un de mes amis conduisait une motoneige hors-piste et je n’ai vu aucun avantage supplémentaire réel.

Que dois-je apporter sur la Route blanche?
Pour commencer, il faut compter sur deux ou trois bons amis. Eh oui! Se déplacer en groupe assure une sécurité accrue. De plus, le fait de partager l’expérience accentue le plaisir. On recommande un groupe idéal de trois, maximum quatre personnes. Un minimum de trois est idéal, car on peut avoir besoin d’aide. Le maximum de quatre provient du fait que les options d’hébergement sont souvent limitées à plusieurs endroits.

Pour l’équipement à apporter, je vous réfère d’abord à un bon article toujours d’actualité de mon collègue, Mario Bernier. Dans sa chronique « Quoi apporter pour une randonnée de motoneige sécuritaire », Mario donne de bons conseils concernant l’équipement à prévoir lors d’un voyage en motoneige.
J’aimerais cependant souligner l’importance d’avoir avec vous des collations nutritives et saines. Pensez notamment à des barres de céréales, des noix et des fruits séchés que vous pourrez grignoter sur la route ou le midi. Certains refuges constituent d’ailleurs de beaux endroits pour prendre un peu de repos et grignoter. Vous trouverez généralement un magasin général ou une petite épicerie dans chaque village pour remplir vos réserves. Cela dit, comme le ravitaillement se fait par bateau, il est arrivé que nous ne trouvions presque rien pour dîner.
Trouve-t-on de l’essence partout sur la Route blanche?
La motoneige est un moyen de transport commun dans cette région. Vous trouverez donc des stations d’essence partout. Personnellement, je n’ai pas traîné de gallons d’essence avec moi. Par contre, je faisais le plein chaque fois que je voyais un poste de ravitaillement. Il faut prévoir que le prochain village pourrait avoir un bris de pompe ou tout simplement un manque d’essence. Ça ne nous est pas arrivé, mais, en utilisant cette règle, nous avons voyagé le cœur léger.
Voyages CoSte : un soutien clé pour la Route blanche
Surtout si vous avez lu mes articles précédents, vous m’avez entendu parler de Voyages CoSte. Laissez-moi maintenant vous présenter un peu qui ils sont et ce qu’ils font. Il s’agit d’une coopérative de solidarité en tourisme équitable qui organise et commercialise l’offre touristique de la Minganie et de la Basse-Côte-Nord.
Voyages CoSte prône le respect tant pour sa clientèle que pour ses employés, ses membres, les communautés du territoire et l’environnement. Celle-ci met en valeur la région en proposant des expériences touristiques humaines et authentiques tout en maximisant les retombées positives pour les communautés. C’est une belle occasion de vivre une expérience axée sur l’histoire et la réalité d’aujourd’hui. C’est un partage humain à chaque rencontre tout au long de cette belle aventure.
Avec l’aide de son équipe, Alberte Marcoux, la représentante servait un peu de tour de contrôle pour la Route blanche. Elle connaît la nature changeante des conditions, qui nous réservent parfois des surprises. En constante communication avec leurs partenaires, elle est avisée de nos départs et nos arrivées à chaque endroit que l’on visite. En plus d’assurer notre sécurité, cela lui permet aussi d’offrir des services de guides locaux, pour ainsi nous faire mieux apprécier cette aventure humaine.
De plus, l’agence s’occupera des changements d’hébergement lorsque ce sera nécessaire. De cette façon, nous avons pu voyager et apprécier chaque journée sans aucun stress.

Ce qu’il faut retenir avant de partir pour la Route blanche
Et voilà! C’est la fin de notre aventure. Si vous sentez l’appel de la Route blanche, j’espère que mon récit vous aura convaincu d’aller de l’avant. Et, tant qu’à y être, pourquoi ne pas transformer votre voyage de motoneige en aventure? Suivez mes recommandations et vous vivrez une belle expérience humaine.
Tout d’abord, il est crucial de s’entourer de bons compagnons de voyage. Ensuite, assurez-vous de bien planifier votre expédition. Mais n’oubliez pas que vous devrez faire preuve de flexibilité dans votre horaire avant et pendant votre voyage. Et faites appel à l’agence Voyages CoSte pour vous accompagner. Leur équipe incroyable agrémentera votre voyage à un coût minime, en plus d’assurer votre sécurité.
Finalement, prenez le temps de vous arrêter et de jaser et de partager avec les gens de la communauté.
Remerciements
Je tiens à remercier d’abord tous les costiers pour l’accueil incroyable que nous avons reçu à chacun des endroits visités. Puis, un merci tout spécial à Alberte Marcoux, de Voyages CoSte. Elle nous a permis de faire ce voyage sans souci et d’en apprécier tous les beaux moments.
Parmi les partenaires :
- Tourisme Côte-Nord
- Tourisme Basse-Côte-Nord
- Agence de voyages CoSte (Rivière-au-Tonnerre)
- Auberge de la Cache (Natashquan)
- Hôtel Madame Ruby (La Romaine)
- Héli-Express (aéroport de Chevery)
- Gîte La Séduction (Harrington Harbour)
- Auberge de l’Archipel (Tête-à-la-Baleine)
- Auberge Whiteley Inn (Rivière-Saint-Paul)
- Musée Whiteley (Rivière-Saint-Paul)
- Ferme de la Baie du Saumon (Rivière-Saint-Paul)
- Auberge et Motel Quatre saisons (Blanc-Sablon)











