Lorsqu’on parle de motoneige, on pense naturellement aux sentiers, aux grands espaces enneigés, aux voyages entre amis et à cette passion qui anime des centaines de milliers de personnes chaque hiver.
Mais derrière le loisir se cache également une véritable industrie économique.
Manufacturiers, concessionnaires, équipementiers, ateliers mécaniques, clubs, hôtels, restaurants, stations-service et entreprises touristiques profitent directement ou indirectement de l’activité générée par les motoneigistes.
Les plus récentes données présentées par l’International Snowmobile Manufacturers Association (ISMA) en 2026 permettent de mesurer l’ampleur de cette industrie.
Après plusieurs années de recul suivant l’effervescence observée durant la pandémie, le marché mondial montre cette année certains signes de stabilisation.
En 2026, 93 789 motoneiges neuves ont été vendues dans le monde.
Mais ce chiffre ne raconte qu’une partie de l’histoire.
93 789 motoneiges neuves vendues dans le monde en 2026
Selon les données de l’ISMA présentées lors du 58e International Snowmobile Congress, les ventes mondiales ont atteint 93 789 unités en 2026.
Il s’agit d’une légère augmentation comparativement aux 92 387 motoneiges vendues en 2025.
La progression est modeste, soit environ 1,5 %, mais elle est néanmoins significative après la correction importante vécue par l’industrie au cours des dernières années.
En comparaison, les ventes mondiales avaient atteint 112 650 unités en 2024.
Le marché n’est donc pas revenu aux niveaux d’il y a quelques années, mais la chute semble pour l’instant s’être interrompue.
Les États-Unis demeurent le plus important marché
Les États-Unis ont représenté le plus important marché national en 2026 avec :
41 728 motoneiges neuves vendues.
Un an plus tôt, 41 588 unités avaient été vendues.
Le marché américain est donc demeuré pratiquement stable.
À l’intérieur des États-Unis, le Midwest demeure particulièrement important pour l’industrie. Il représente environ 42 % des ventes américaines, comparativement à 31 % dans l’Ouest et 27 % dans le Nord-Est.
Des États comme le Wisconsin, le Minnesota et le Michigan demeurent parmi les grands bastions de la motoneige en Amérique du Nord.
Le Canada progresse en 2026
La situation est légèrement plus encourageante au Canada.
Les ventes canadiennes sont passées de 34 828 unités en 2025 à 36 160 motoneiges en 2026.
Cela représente une progression d’environ 3,8 % en un an.
Avec une population beaucoup moins importante que celle des États-Unis, le Canada demeure donc un marché exceptionnellement important pour l’industrie mondiale de la motoneige.
Le Québec et l’Ontario figurent d’ailleurs parmi les territoires nord-américains comptant les plus importants parcs de motoneiges.
Plus de 83 % des nouvelles motoneiges sont vendues au Canada et aux États-Unis
En combinant les résultats des deux pays, 77 888 motoneiges neuves ont été vendues aux États-Unis et au Canada en 2026.
Cela signifie qu’environ 83 % de toutes les nouvelles motoneiges vendues dans le monde ont trouvé preneur dans ces deux marchés.
Les autres marchés internationaux, incluant l’Europe, ont représenté 15 901 unités.
Ces chiffres démontrent à quel point l’Amérique du Nord demeure le cÅ“ur économique de l’industrie mondiale de la motoneige.
Près de 1,9 million de motoneiges enregistrées en Amérique du Nord
Les ventes de véhicules neufs ne représentent cependant qu’une fraction du véritable parc de motoneiges.
Selon les données 2026 rapportées à partir des chiffres de l’ISMA, environ 1,165 million de motoneiges sont enregistrées aux États-Unis.
Au Canada, le nombre est estimé à environ 709 000 unités.
Cela représente approximativement :
1,874 million de motoneiges enregistrées en Amérique du Nord.
Le Québec, le Wisconsin, le Minnesota, le Michigan et l’Ontario figurent parmi les territoires comptant les plus importantes populations de motoneiges.
Il faut toutefois faire preuve de prudence lorsqu’on compare ces données avec celles des années précédentes. Les méthodes de compilation et les sources d’immatriculation peuvent différer, et certaines données publiques de l’ISMA ne sont pas mises à jour simultanément.
Une industrie qui génère des milliards de dollars
La véritable dimension de l’industrie apparaît lorsqu’on regarde ses retombées économiques.
La motoneige ne génère pas seulement des revenus lorsqu’un consommateur achète une machine neuve.
Chaque sortie entraîne potentiellement des dépenses :
- Carburant.
- Hébergement.
- Restaurants.
- Remorques
- Vêtements.
- Casques
- Pièces et accessoires.
- Entretien mécanique.
- Assurances.
- Permis de sentiers.
- Transport.
- Voyages de motoneige.
Et cette activité se répète pendant toute la saison.
26 milliards de dollars aux États-Unis
Selon les données économiques publiées par l’ISMA, la communauté de la motoneige génère environ :
26 milliards $ US d’activité économique annuellement aux États-Unis.
Cette somme dépasse largement la valeur des motoneiges vendues.
Elle illustre plutôt l’ensemble de l’écosystème économique qui gravite autour de la pratique de la motoneige.
Pour plusieurs régions rurales du nord des États-Unis, cette activité représente également une importante source de revenus pendant les mois d’hiver.
20,6 milliards de dollars au Canada
Au Canada, l’impact économique attribué à la motoneige atteint environ :
20,6 milliards de dollars annuellement.
La motoneige représente donc beaucoup plus qu’une activité récréative.
Dans plusieurs communautés québécoises et canadiennes, elle constitue un véritable produit touristique hivernal.
Des motoneigistes parcourent parfois des centaines de kilomètres pendant un voyage, dormant dans plusieurs hôtels et auberges, mangeant dans les restaurants locaux et achetant carburant et fournitures dans différentes communautés.
Chaque groupe de motoneigistes devient ainsi une source de revenus pour une longue chaîne d’entreprises.
Environ 4 milliards de dollars en Europe
L’Europe possède également une importante culture de la motoneige, particulièrement dans les pays nordiques.
L’impact économique annuel associé à l’activité y est évalué à environ :
4 milliards de dollars.
La Scandinavie demeure notamment un marché important pour les manufacturiers.
Plus de 50 milliards de dollars d’activité économique
En considérant les chiffres communiqués pour les États-Unis, le Canada et l’Europe, on obtient une activité économique de plusieurs dizaines de milliards de dollars annuellement.
Il faut toutefois éviter d’additionner mécaniquement des montants exprimés dans différentes devises pour présenter un « total mondial » sans conversion monétaire appropriée.
Ce qui demeure incontestable, c’est l’ordre de grandeur : la motoneige représente une industrie économique de plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année.
Plus de 100 000 emplois à temps plein
L’une des statistiques les plus révélatrices concerne les emplois.
Selon l’ISMA, plus de 100 000 emplois à temps plein en Amérique du Nord sont soutenus par l’industrie de la motoneige.
Ces emplois ne se trouvent pas uniquement dans les usines des manufacturiers.
Ils touchent notamment :
- les manufacturiers et fournisseurs de composantes;
- les concessionnaires;
- les ateliers et services mécaniques;
- les fabricants et distributeurs d’accessoires;
- le tourisme;
- l’hôtellerie;
- la restauration;
- les commerces;
- les entreprises récréotouristiques.
La motoneige crée donc un effet économique qui s’étend bien au-delà des entreprises directement identifiées au véhicule.
Un moteur économique pour les régions
L’une des particularités de la motoneige est l’endroit où une grande partie de cette activité économique se produit.
Contrairement à plusieurs activités de consommation concentrées dans les grands centres urbains, la motoneige amène les consommateurs directement dans les régions.
Un voyage de plusieurs jours peut générer des dépenses dans une succession de petites communautés.
Pour les hôtels, restaurants, pourvoiries et stations-service situés près des grands réseaux de sentiers, une bonne saison de motoneige peut donc avoir un effet économique considérable.
La neige devient littéralement une ressource touristique.
Le motoneigiste moyen a maintenant 53 ans
L’industrie fait toutefois face à un défi important.
Selon la plus récente enquête présentée par l’ISMA, l’âge moyen du motoneigiste est maintenant de 53 ans.
Le pratiquant moyen possède également environ 31 années d’expérience.
Ce chiffre démontre la fidélité exceptionnelle des amateurs de motoneige, mais il soulève également une question essentielle pour l’avenir :
qui formera la prochaine génération de motoneigistes?
L’ISMA considère d’ailleurs le recrutement de nouveaux participants comme l’un des grands enjeux de l’industrie.
Il existe néanmoins un élément encourageant.
Les nouveaux participants interrogés sont sensiblement plus jeunes, avec un âge moyen se situant autour de 38 à 40 ans.
Plus de 2 000 kilomètres (1 200 milles) parcourus chaque hiver
Le motoneigiste moyen demeure également très actif.
Selon les données présentées en 2026, il parcourt plus de 2 000 kilomètres (1 200 milles) par saison, soit plus de 1 900 kilomètres.
Il dépense également environ 3 131 $ US par année dans son activité.
Multipliées par des centaines de milliers de participants, ces dépenses permettent de mieux comprendre l’importance économique de la motoneige.
Des passionnés fortement impliqués
Le profil du motoneigiste révèle également une communauté particulièrement engagée.
Selon l’enquête : 85 % appartiennent à un club de motoneige.
Et : 43 % font du bénévolat.
Cette implication est essentielle au fonctionnement de nombreux réseaux de sentiers.
Dans plusieurs régions, une partie importante de l’infrastructure permettant de pratiquer la motoneige repose sur le travail de bénévoles qui entretiennent les sentiers, négocient les droits de passage, installent la signalisation et assurent le fonctionnement des clubs.
La valeur réelle de cette contribution bénévole dépasse donc largement les seules statistiques économiques.
Une clientèle importante pour toute l’industrie des sports motorisés
Les données 2026 révèlent également que les motoneigistes pratiquent souvent plusieurs autres activités motorisées.
Environ 45 % font également du VTT, alors que 40 % possèdent un côte-à -côte.
Environ 27 % pratiquent aussi la moto.
Plus de la moitié des répondants participent également à des activités liées à la navigation ou à la pêche.
Pour les concessionnaires multimarques et les entreprises de sports motorisés, le motoneigiste représente donc une clientèle particulièrement importante.
Une industrie qui se stabilise, mais qui doit préparer son avenir
Les statistiques 2026 racontent finalement deux histoires.
La première est économique.
Avec 93 789 nouvelles motoneiges vendues mondialement, près de 1,9 million de motoneiges enregistrées au Canada et aux États-Unis et des retombées économiques se chiffrant en dizaines de milliards de dollars, la motoneige demeure une industrie majeure.
La seconde concerne son avenir.
Les ventes semblent se stabiliser après plusieurs années difficiles, mais le vieillissement de la clientèle et le renouvellement des pratiquants demeurent des enjeux fondamentaux.
L’industrie devra donc continuer à attirer de nouveaux adeptes, maintenir l’accès aux sentiers et soutenir les milliers de clubs et bénévoles qui rendent cette activité possible.
La motoneige, beaucoup plus qu’un loisir
Lorsqu’un motoneigiste démarre sa machine un samedi matin, il ne pense probablement pas aux milliards de dollars générés par son activité.
- Il pense à la neige.
- Au prochain relais.
- À ses amis.
- À cette journée qu’il passera dehors.
Pourtant, derrière chacune de ces sorties se trouve une immense chaîne économique.
Des travailleurs ont conçu et assemblé sa motoneige. Un concessionnaire l’a vendue. Des mécaniciens l’entretiennent. Des entreprises fabriquent son équipement. Des bénévoles préparent les sentiers. Des hôtels l’accueillent et des restaurateurs lui servent ses repas.
C’est cette combinaison entre passion, tourisme, industrie et implication communautaire qui fait de la motoneige une activité aussi particulière.
Et avec près de 94 000 nouvelles machines vendues mondialement en 2026 et plus de 100 000 emplois soutenus en Amérique du Nord, une chose est claire :
la motoneige n’est pas seulement un loisir hivernal. Elle constitue un véritable moteur économique.












